Il y a sans nul doute des sujets plus douloureux que d’autres à aborder en société. Question de standing et d’honneur personnel oblige, tout un chacun s’efforce de se placer dans une case musicale proche de l’image qu’il aimerait renvoyer aux autres, excepté une infime minorité qui assumerait soit disant l’ensemble de leurs choix musicaux…
Et si nous brisions enfin le silence ? A l’aide d’un classement des dix chansons les plus inavouables se trouvant dans ma playlist, je tenterai ainsi d’être le fer de lance du mouvement pour la confession musicale (MPCM). Des confidences douloureuses et périlleuses qui pourraient mettre fin à certaines collaborations familiales et amicales mais qui supprimeraient le léger sentiment de honte présent à chaque écoute de morceau dit « avilissant ». Merci de ne pas applaudir.

 

1 – Céline Dion : « Prière païenne »
Quitte à assumer, autant démarrer en trombe. Petit bijou composé par le fidèle Jean-Jacques Goldman, cet énième tube de « l’amie Céline » est certainement l’un des plus électrisant. Difficile de résister à ce démarrage au piano qui donne « une pêche d’enfer » et une envie folle de claquer des doigts et de taper des pieds sur la mesure. Ajoutez à cela une voix envoûtante et des paroles entrant sans peine dans l’esprit, vous obtenez un combo gagnant capable notamment de sublimer un effort ou de raviver la flamme pendant un footing (comprenez ici un exemple énoncé par pur hasard et non un souvenir personnel potentiellement difficile à révéler).
Puissant extrait: « Quand j’me réveille, je loue le jour, la vie toujours, toutes ses merveilles »

2 – L5 : « Toutes les femmes de ta vie« 
Pas évident de confesser son béguin pour cette pépite concoctée par les regrettées L5. Un carton national sortie à l’apogée du télé-crochet « Popstars » reposant sur des paroles poignantes de vérités et sur un « flow » électro-rock aussi envoûtant qu’un bon « Johnny des familles« . Difficile alors de résister à l’appel du pied du magistral clip mêlant avec brio l’imaginaire futuriste et le manichéisme hommes/femmes judicieusement entrecoupé d’une chorégraphie « Billy Crawfordienne ». Pour sur, un véritable joyau.
Émouvante citation :« Je ferai semblant de te croire, quand parfois je sais que tu mens, je ne ferai même pas d’histoires, si tes ex reviennent en courant ».

3 – Patrick Sébastien : « Pourvu que ça dure« 
Expliquer son adoration pour cette chanson pourrait s’avérer complexe pour un fervent opposant de la beaufitude et de la chanson populaire. Mais que faire face a un tel génie ? Aussi recherché que ses titres « Ah si tu pouvais fermer ta gueule » et « Il fait chaud », ce tube rend hommage aux épicuriens et autres croqueurs de vie. Un discours social visant à faire comprendre au peuple qu’il faut profiter de chaque instant de vie, sous un air un brin benêt, parfait pour réamorcer une morose soirée de mariage.
Extrait : « Au lieu de gueuler contre ceux que t’as pas, chante le refrain que chantait ton papa, hé »

4 – Team BS : « Team BS »
Au diable les « NTM » et autre « IAM« , place au vrai rap de la « banlieue sale » prêt à révolutionner le genre grâce à une plume novatrice qui aurait pu faire pâlir le grand Aimé Césaire ( le personnage de la série « H » et non le poète, soyons raisonnable). La « Team » se compose de quatre membres plus talentueux les uns que les autres à commencer par La Fouine, chef de meute et fer de lance d’un projet regroupant également Fababy, Sindy et Sultan. Un programme alléchant qui répondra vite aux attentes grâce au morceau Team BS, dotée d’une mélodie et d’un refrain difficilement oubliable. Saluons au passage la ritournelle du dénommé Sultan, ou plutôt « l’homme qui à le sens de la famille car c’est son coté rital » pour son « flow » remarqué et remarquable du dernier couplet.
Poétique citation :« Toujours à côté d’mes potes comme un taxiphone et une boucherie halal, renoi t’as fait l’tour d’la France sur un vélo sans selle »

5 – Bill Medley et Jennifer Warnes : « Time of my Life »
Avouons tout : Oui la bande originale du film « Dirty dancing » me transporte comme une midinette de la fin des années 1980 ( Bon, pas au point de baver devant le corps divin de Patrick Swayze, gardons la raison). Le rythme frétillant des instruments allié aux voix discordantes des deux interprètes font monter la pression avant le refrain qui arrive comme une apothéose musicale qui donnerait presque envie d’ouvrir les bras au ciel et crier « délivrance ». Si on ajoute à cela la légendaire chorégraphie du film, on obtient un instant magique qui semblerait pouvoir remettre en cause un quelconque sentiment hétérosexuel chez un spectateur/auditeur lambda.
Extrait traduit : « J’ai passé le meilleur moment de ma vie, non je ne me suis jamais senti comme ça avant , oui je jure que c’est vrai, et je te dois tous ça ».

6 – Wazoo : « La manivelle »
Auto estampillé « groupe de folk-festif-auvergnat », « Wazoo » ( la légende raconte que ce nom serait le résultat d’un pari entre les membres du groupe au cours d’une soirée de débauche) casse littéralement la baraque en 1999 avec le titre « la manivelle ». Un titre écrit pour divertir les cinq derniers soiffards d’une soirée d’anniversaire manquée, mais qui développe chez quiconque des démangeaisons de farandoles et de hurlements primitifs. En bref, un hymne mythique d’avantage celte qu’auvergnat (diptyque mandoline-violon oblige) à mi-chemin entre « La tribu de dana » de Manau et « Santiano » d’Hugues Aufray. La « wazoo touch », en somme.
Morceau choisi : « Nous festoyons de nos conquêtes au pied de nos volcans, où le druide à roulette sur ses patins nous attend ».

7 – Backstreet Boys : « Everybody »
Il aura fallu attendre 19 ans pour confesser la triste vérité sans la moindre once de fierté. Les « Backstreet Boys », crème de la génération « Boys Band » ( saluons au passage les « Boyzone », « G-Squad », « Alliage », « 2be3 » et autre « Link’Up »), ont malheureusement réussi à pénétrer dans mon inconscient cérébral comme une coriace rengaine qui a su faire son trou et ses preuves au fil des années. Authentique invitation à « bouger son corps » au gré de paroles plus profondes les unes que les autres, « Everybody » provoque indéniablement des étranges velléités de créativité chorégraphique difficiles à contrôler. A admirer sous peu au cinéma dans « Sexy Dance 15 ».
Petite citation : « Everybody, rock your body, rock your body right, rock your body, everybody, backstreet’s back alright »

8 – François Feldman : « Joue pas »
Féerique interprétation du non moins admirable François Feldman qui enflamme la France à la fin des années 1980 avec son titre « Joue pas », chanté en duo avec l’enivrante américaine Joniece Jameson. Ce frichti audacieux percussions africaines, synthétiseur breton, trompette mexicaine et chœur gospélien redonnerait a coup sur la pêche à un suicidaire au bord de la rupture. La « chanson de douche » par excellence, capable de vous faire démarrer une journée sur les chapeaux de roue et en outre d’utiliser la pomme de douche comme un micro (ndlr : ceci n’est pas une expérience personnelle).
Fragment sélectionné :« On pourrait se fiancer, se marier, j’dis pas n’importe quoi, on pourrait faire un bébé, p’tit bébé, mélange de toi et moi, ohhhhhhh, mais Joue pas, pas avec moi !»

9 – Hanson : « Where’s the love »
Il est lointain le temps ou les trois frères « rockeurs » inondaient la scène musicale grâce au mythique « Mmm Bop » et dans une moindre mesure « Where’s the love ». Près de vingt ans après leur début, on se demande encore comment ces trois frangins mi homme, mi femme au look de martyrs du collège, ont pu autant casser la baraque. Sans doute grâce au petit dernier de la fratrie, d’une crédibilité folle derrière sa batterie et maîtrisant à merveille l’onomatopée musicale. La preuve dans le clip « Where’s the love », qui au rayon pépite joue assurément les premiers rôles et démontre les effets effervescents que peuvent avoir une musique sur l’être humain. Du rock de « déglingo – zinzin » comme on l’aime.
Refrain en version originale :« Where’s the love?, It’s not enough, it makes the world, go ’round and ’round and, where’s the love?, give it up, it makes the world go ’round and ’round and ’round »

10 – Élisa Tovati & Tom Dice : « Il nous faut »
Place à la tendresse et sans doute à l’aveu le plus déshonorant de tous pour clôturer en beauté ce bel inventaire. Aussi douée pour la chanson que pour le cinéma ( ndlr : le « césarisable » rôle de Chochana Boutboul dans « La vérité si je mens 2&3 »), l’envoûtante Élisa Tovati sort ici toute la panoplie type de la chanson « à l’eau de rose », interprétée en compagnie de Tom Dice, dotée d’un accent anglais « just so cute ». Et le plus inquiétant c’est que cela marche …et que l’échange angélique entre les deux chanteurs transporte le commun des mortels dans une dimension bien plus céleste. Une ballade amoureuse idéale pour garnir le répertoire musical des « guitaristes de plage », qui sévissent depuis trop longtemps aux coins des feux du Cap Ferret ou de Lacanau pendant la période estivale.
Passage favori :« Toi et moi, c’est presque ça , c’est tellement déjà, il nous manque si peu de choses »

Confessions musicales

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2 thoughts on “Confessions musicales

  1. Heureusement que tu as mis prière païenne! Mais avoue aussi que tu montes le son quand tu entant Philippe Lafontaine Coeur de loup sur Chante France !

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