Vendredi 15 novembre, 18h00. La mairie de Magny les Hameaux décide de fermer le terrain de Chevincourt, jugé impraticable au vue des conditions météorologiques de ces derniers jours. Une aubaine pour les joueurs de l’équipe 2 du MFC qui pourront compter sur le renfort de certains piliers de l’équipe première pour leur déplacement à Cernay/Bonnelles, actuel 8e de division 6 yvelinoise. Boucherie footballistique en vue.

Samedi 16 novembre. 12h00. Le capitaine du MFC s’empresse de monter une armada compétitive et convoque quatre volontaires extasiés à l’idée de connaitre « le monde » de la division 6. Sont appelés à la barre : Thomas « Price », la muraille de chine magnyçoise, Kévin « Jugnot », le capitaine joufflu, Cédric « Bieber » l’apprenti playboy et Nicolas « Diesel », la mobylette vieillissante.

Samedi 16 novembre. 18h00. Coup de tonnerre. Suite à une maladresse administrative, Christian se rend compte que le match de l’équipe 1 ne peut pas être reporté. Apothéose organisationnelle oblige, les entraineurs sont contraints de revoir leur stratégie de départ, au grand damne des quatre larrons, victimes d’un cruel ascenseur émotionnel.

Dimanche 17 novembre. 14h30. Les coutumiers de l’équipe 2 débarquent au stade de Cernay la Ville et s’engouffrent dans un parc des sports morne et désertique. Accolés au terrain : champs, ferme et botte de paille rappelle la richesse agraire du sud des Yvelines. Le brouillard surplombant le terrain vient compléter un tableau morose d’un dimanche automnale. Lugubre.

14h40. Les joueurs font connaissance avec Hinnes, la nouvelle mascotte de l’équipe. Ce chihuahua est la nouvelle acquisition de Christian « Hilton », jamais avare de bonnes idées. Recroquevillée et emmitouflée dans le grand manteau de son maitre, l’insignifiante bête fait peine à voir avec ses grandes oreilles et ses yeux exorbités. Un échec animalier en somme.

14h50. Dix minutes avant le début de la rencontre, l’ultime joueur franchit mollement la porte du vestiaire. L’équipe au complet, l’entraineur/joueur en profite pour imaginer une nouvelle composition qualifiée « d’instinctive » par les observateurs. Il tente un coup de poker en adoptant une tactique en 3-5-2, rendant ainsi hommage au Marseille version 2004 de Philippe Troussier. Bluffant. (Saluons au passage Manu Dos Santos, Johnny Ecker, Philippe Christanval, Demetrius Ferreira, José Delfim où encore Habib Bamogo).

15h00. L’arbitre convoque les deux capitaines dans son vestiaire, s’excusant dans le même temps pour son retard. Look de maigrelet à lunette et cheveux abondants : tout laisse à penser que le jeune homme possède un compte sur « Adopteungeek.com ». Peu crédible en « homme en noir », il tente de donner les consignes au capitaine de Cernay dont la mine déconfite n’est pas sans rappeler celle de l’acteur principale de la série « Bref ». Intimidant.

15h15. Après une courte session photographique, les deux équipes prennent place sur le terrain avec quinze minutes de retard sur l’horaire initial. L’affiche a fait déplacer les foules puisque une dizaine de supporters locaux font déjà entendre leurs voix. A contrario, l’unique supportrice magnyçoise, frigorifiée, se demande encore pourquoi elle a pris la décision d’assister à la rencontre.

15h20. Le début de match est chaotique de la part du MFC. Déjà en proie à des problèmes de souffle et d’endurance, les joueurs semblent accuser le coup de la trêve hivernal. Mais si beaucoup n’ont pas « tapés le cuir » depuis maintenant trois semaines, l’absence d’échauffement post-match peut également être un élément à souligner dans cette délicate amorce.

15h40. Le carré vert est un pâturage boueux et bosselé qui rend facile les bévues et mésaventures. Les vingt-deux acteurs proposent ainsi un spectacle ubuesque à des supporters rapidement comblés. Aussi malchanceux que maladroits, les magnyçois vivent une première mi-temps cauchemardesque réussissant l’exploit d’offrir 4 buts à leurs adversaires. Grands princes.

16h00. 4-0 pour Cernay à la pause. Groggys, les joueurs du MFC tentent d’élucider le mystère de cette désolante première mi-temps. En vain. Force est de constater que le coup de bluff tactique fut un cuisant échec, l’entraineur fait son méa culpa en réformant le dispositif. Arnaud, nouveau venu dans l’équipe et bodybuilder à ses heures, réussit alors l’exploit de passer du poste d’attaquant à celui d’arrière droit. Mourinhesque.

16h15. Amusé par la pénible prestation du gardien magnyçois, l’attaquant adverse tente un lob du milieu de terrain dès l’engagement. Pari perdu pour ce géant roux qui aura toutefois eu le mérite de provoquer les rires de l’arbitre.

16h25. Plus conquérants depuis la reprise, les joueurs du MFC concrétisent leur domination en réduisant la marque. Sur un corner raté, la balle parvient à se faufiler dans une forêt de jambe pour atterrir dans les pieds d’Alexis. Celui ci parvient à battre le gardien d’une frappe limpide à bout portant. Pourtant loin devant au tableau d’affichage, les locaux sentent alors le vent tourner et décide d’adopter la technique de la charcuterie footballistique ukrainienne. Rusé.

16h40. Violents tacles à retardement et mauvais gestes en pagaille : le climat de la rencontre devient peu à peu délétère. Adorateur d’environnement belliqueux, Christopher tire une nouvelle fois son épingle du jeu en parvenant à se faire expulser après avoir asséné un coup de coude à un défenseur adverse. Magie arbitrale, il fera son retour sur le terrain dix minutes plus tard, le « carton blanc » étant de rigueur dans cette pittoresque division.

16h50. Lancé vers son camp, un attaquant magnyçois propulse le ballon contre le genou d’un petit enfant, étrangement habillé en joueur de football. Après vérification, ce phénomène paranormal n’est autre que l’apparition furtive du petit Thomas, effectivement habilité à disputer la rencontre. Rentré 20 minutes auparavant, il provoque la panique de ses coéquipiers, surprit de voir « Casper Toumou » touché un ballon et participer ainsi aux festivités. Déroutant.

17h00. La nuit tombe et le match parait interminable. L’arbitre décide alors de mettre un terme à la rencontre sur le score de 4-1 en faveur de Cernay/Bonnelles. Neuf buts encaissés en deux matchs : le bilan est lourd pour le MFC qui marque clairement le pas après un bon début de saison. Ces deux échecs n’ont toutefois pas entamé le moral des troupes et c’est avec l’esprit revanchard que les joueurs prépareront la réception de Dampierre 2 le week-end prochain. Tout un programme.

 

Malgré cette seconde débâcle consécutive, il convient, comme à l’accoutumée, de mettre en exergue les pépites magnyçoises du jour. Homme du match et joueurs clés retour sur les joueurs qui ont marqué la rencontre de leur empreinte.

L’homme du match : Romain, gardien émérite

Comment passer à coté de la prestation haut de gamme du portier du MFC ? Difficile de faire meilleure première mi-temps que celle réalisée par ce sosie de l’élève Ducobu. L’apprenti portier, maintenant en place depuis trois matchs, prend peu à peu ses marques, n’hésitant pas à haranguer ses partenaires à l’instar d’un Oliver Kahn de la grande époque. Prenant le pari de l’inventivité, il encaisse son premier but sur une frappe du milieu de terrain. La balle en cloche lancé par le défenseur adverse provoque une belle partie de billard entre la transversale et le gardien magnyçois puis finit par rentrer au fond des filets. Jouissif. Ce premier exploit est suivi de trois autres qui font suite à une sortie d’un genre nouveau, un reflexe de premier choix et un plongeon créatif. La boucle est bouclée pour la « petite perle » du MFC qui finira le match en roue libre. Preuve de sa justesse d’esprit et de son honnêteté, il avouera même dans les vestiaires être responsable d’un des quatre buts encaissés de son équipe. Modestie quand tu nous tiens.

Les joueurs clés : Mathieu Krol, Rémi Barges, Cédric Loriot

Mathieu Krol : « Solide comme le Roc », disait Nadiya. Cette légendaire chanson pourrait bien être l’hymne personnel du massif défenseur de l’équipe 2, tant sa virilité rejaillit positivement sur le terrain. Qualifié de falaise infranchissable par ses propres adversaires, le vieux briscard a été dans tous les bons coups, nous gratifiant même de quelques montées fantasques en fin de rencontre. Son légendaire flegme a pourtant fait paniqué plus d’un coéquipier, peu habitués à la pratique de la « vadrouille footballistique ». Pour autant, « l homme de verre » est sans nul doute en train de se muer dans la peau d’un leader naturel de cette équipe. Un comble pour un gaillard prêt à raccrocher les crampons en fin de saison dernière.

Rémi Bargés : Et si le succès lui avait montée à la tête ? La petite crevette frétillante a connu une baisse de régime notoire ce dimanche après deux mois d’ascension footballistique fulgurante. Une prestation a oublié pour « Cabinho » pourtant aligné d’entrée à la pointe de l’attaque magnycoise. Deux actions vendangées en début de match lui ont en effet rapidement saccagé sa légendaire confiance en soi. Il rentrera ensuite dans le rang en imitant quelques coéquipiers fantomatiques. Attristant pour ce bellâtre, pourtant habitué aux frasques et aux paillettes depuis le début de la saison. Nul doute, Rémi « Dujardin » montrera un autre visage la semaine prochaine. Un héros ne meurt jamais.

Cédric Loriot : Voilà maintenant plus de dix ans que «  le découpeur de gigot » fait le bonheur du MFC et le malheur de ses adversaires. Après une trêve d’un an, la tornade « Taz » est de retour pour former un immuable duo avec « Papi krol » en défense centrale. « Le Lorax » n’est pas le plus grand poète de l’ère contemporaine, certes. Mais sa combativité et l’efficacité sa méthode bulldozer ne peut être remise en question. Il annihilera ainsi bon nombre d’actions de façon régulière et se battra jusqu’à la fin. Mention spéciale à un tacle qualifié de dépeçage humain par les spécialistes. Le « patient » se relèvera abasourdi devant le sourire narquois du boucher magnyçois, comblé d’entretenir sa légendaire réputation.

Deux de chute

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