En ces temps délicats pour l’Olympique de Marseille, où le départ des principaux talents de l’équipe coïncide avec l’arrivée d’un bataillon de joueurs « lambda » à la George-Kevin Nkoudou, il semble raisonnable de retourner dans le passé pour comprendre les raisons de l’entrée de Marseille au rayon anonymat. Selon toute vraisemblance, le tournant se joue à l’été 2001, lorsque Mario Jardel est annoncé avec insistance du coté du club Olympien. Véritable « renard des surfaces », le brésilien est alors au sommet de son art avec Galatasaray où il empile buts sur buts. Mais des dissensions financières feront capoter le projet de Bernard Tapie, alors retourné aux affaires du coté de la « Canebière ». Mais si le prodige sud américain avait finalement signé à l’OM …

 

A l’été 2001, Mario Jardel parachève un contrat de longue durée avec Marseille. En solide concurrence avec Cyril Chapuis et Pascal Nouma au poste d’avant centre, il met 4 mois à se faire une place de choix dans l’effectif et montrer ainsi son immense potentiel. Il participe activement à la qualification du club pour la ligue des champions et finit meilleur buteur de ligue 1 au nez et à la barbe de l’élégant troyen Nicolas Goussé. Sublimant au fil de la saison ses coéquipiers, il est sans nul doute à l’origine de l’éclosion de « la mobylette » Djamel Belmadi, transféré logiquement en fin d’année au FC Barcelone pour 30 millions d’euros.

Au cours de la saison 2002-2003, le vélodrome adopte définitivement « Super Mario » qui forme alors un véritable duo de choc avec le « Papin russe », Dimitri Sytchev. Au coude à coude avec l’ogre lyonnais tout au long de la saison, Marseille emporte sur le fil le championnat, grâce à un centre tir « Guivarch’ien » du brésilien lors de l’ultime journée. Trompant ainsi l’immense Tony Heurtebis, le nouveau prophète est également à l’origine de l’infarctus d’Alain Perrin, coach de l’époque, décédé sur le coup, des suites d’un puissant emballement émotionnel. Destin ou non, il sera rapidement remplacé par un certain José Mourinho, alors inconnu du grand public, mais possédant le même agent que Mario Jardel, devenu un atout considérable pour appâter le gratin mondial.

A l’été 2003, Mario Jardel, scientifique à ses heures perdues, trouve le vaccin guérissant le virus du Sida et glane du même coup le Prix Nobel de médecine la même année. Sur le terrain, son association avec la nouvelle recrue égyptienne Mido est également une franche réussite. Ajoutez à cela la maestria d’un Camel Meriem et l’élégance d’un Laurent Battles, vous obtenez une équipe capable de gravir des montagnes et même de faire marquer Abdoulaye Meité en demi finale de coupe de l’UEFA face à Newcastle. En finale, le génie de Mourinho sera dévoilé au grand public, lorsque le technicien portugais remplacera le gardien Fabien Barthez, alors expulsé, par Mario Jardel en personne. Un coup tactique d’une rare hardiesse et justesse puisqu’il stoppera le penalty consécutif à la faute et écœurera par la suite ses adversaires jusqu’à la séance de penalty. Une victoire historique … pourtant boudée par le gardien remplaçant de l’époque Jérémy Gavanon, à jamais humilié.

En 2005, le brésilien entre définitivement au panthéon des joueurs phocéens en tabassant à mort Habib Bamogo, coupable d’un énième manqué devant les but de Stéphane Cassard lors d’un attristant OM – Strasbourg. Qualifié de « meurtre salutaire » par le procureur, l’affaire est rapidement classée, Mario recevant même la médaille d’or du mérite par la ville de Marseille.

Au cours de la saison 2006-2007, l’ homme d’affaire canadien Jack Kachkar tente de reprendre le club, oubliant alors qu’il n’a en fait plus un radis dans son portefeuille. L’affaire est une nouvelle fois gérée par Mario Jardel qui révèle le bluff du charlatan et propose par la même occasion une autre alternative en la personne d’Eike Batista, chef d’entreprise brésilien et ami de longue date. Le dossier de reprise est rapidement bouclé, le milliardaire ayant assuré un débarquement de jeunes prodiges brésiliens à la commanderie. De quoi faire de l’ombre à Wilson Oruma.

A 35 ans, l’idole du peuple phocéen prend sa retraite un soir de mai 2008 à la surprise générale. Une vague importante de suicide s’abat alors chez les supporters marseillais, causant tout de même une centaine de pertes en l’espace d’une heure. Un cataclysme toutefois sauvé par l’édification en une nuit d’une statue à l’effigie du champion en plein cœur du vieux port mais surtout par l’annonce du recrutement de Mamadou Samassa, extirpé à Valenciennes pour une bouchée de pain. Ému par la nouvelle, l’idole du peuple décidera par la suite d’entrée au capital du club pour devenir rapidement l’actionnaire majoritaire.

Deux années après sa reprise du club, Mario Jardel se voit offrir son premier succès sur la scène nationale par Didier Deschamps. Un titre célébré en grande pompe au Vélodrome où le boss de l’OM viendra congratuler en personne tous les champions. Dans la panique, il confondra pourtant Fabrice Abriel avec le vendeur de la buvette de la tribune « Ganay » mais également Bakary Koné avec un ramasseur de balles, preuves photographiques à l’appui.

Jonché dans les tribunes du stade « Bonnal » de Sochaux en janvier 2011, « Super Mario » se décompose en assistant au duel fratricide entre Jacques Faty et Brandao. La boucle devant être bouclée, son adjoint décide alors de confesser que le déménageur aligné au sein de l’attaque marseillaise possède malheureusement la nationalité brésilienne. Un coup de poignard en plein cœur pour l’artiste sud-américain, à peine remis de la naturalisation brésilienne d’Elinton Andrade.

La saison 2011-2012 voit le PSG version qatari pointer le bout de son nez et ainsi compromettre les chances de titre de l’OM pour les années à venir. Mario Jardel décide donc de vendre le club à un investisseur fortuné et de s’éloigner ainsi des affaires marseillaises dix ans après avoir mis les pieds pour la première fois à Marseille. Un énième coup de génie puisqu’il décide d’accepter l’offre juteuse et ambitieuse de l’éternel repenti Bernard Tapie, toujours désireux de repousser les limites de la fourberie en promettant aux fans un second titre en ligue des champions.

Le 4 Septembre 2015, Bernard Tapie est transféré au centre pénitentiaire des « Baumettes », seulement quatre mois après le titre de son équipe en ligue des champions. Accusé d’escroquerie en bande organisé, « Nanard » fait tomber avec lui une branche de la mafia sénégalaise gérée par l’entremetteur Moudou Sougou, également footballeur émérite à ses heures. Selon des sources fiables, l’enquête aurait démarrée après le contrôle antidopage positif de Billel Omrani, tout de même auteur d’un quadruplé en finale face au Bayern Munich. Un destin tragique qui n’entache pourtant pas la promesse de titre suprême faite aux supporters par l’homme d’affaire. Oui, car Monsieur Tapie n’a qu’une parole : accomplir le destin glorieux du club.

Si seulement tu avais signé Mario …

Et si Mario Jardel avait signé à l’OM …

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