Dimanche 6 avril. Fraichement auréolés d’un probant succès 12-2 la semaine passée ( les plus sournois signaleront le forfait de l’équipe adverse avant le début du match ), les joueurs du MFC 2 ne cachent pas leur regain d’ambition avant la réception de La Verrière ce dimanche. Et si le rêve d’accession à l’échelon supérieur devenait réalité ? Un songe loin d’être illusoire mais qui passe par une victoire dans ce match décisif où nos héros tenteront de laver l’affront de la cinglante défaite 7 but à 2 du match aller. Avis aux revanchards.

11h30. Souhaitant remercier le dévouement et le professionnalisme de la cohorte magnyçoise, Christian, président émérite du club et co-dirigeant de l’équipe 2, convie les joueurs à une collation pré-match dans un rad de la vallée de Chevreuse. Opportune et pertinente, l’idée est fort bien accueillie par les joueurs, ravis de se lever trois heures en avance un dimanche matin pour déguster des fameuses spécialités régionales comme la macédoine et la salade de fruit.

12h00. Traditionnellement en retard, les garçons prennent place dans une gargote aussi remplie qu’un stade Louis II lors de la réception de Sochaux. Un brin lugubre, l’atmosphère s’illumine peu à peu grâce aux multiples histoires de « Christian Bellemare » qui feront toutes la part belle à la légèreté et la chasteté. S’inspirant de la finesse du prêcheur, certains joueurs en profitent alors pour dénoncer le physique jugé ingrat de la serveuse, seul échantillon féminin d’un univers « sur-testostéroné ».

13h30. En diplomate roublard, Rémy donne une leçon de marchandage en négociant un digestif par personne contre une meule de tomme de Savoie. Pris aux pièges par l’inventivité du gamin, Christian n’aura d’autre choix que d’accepter la requête du brillant illusionniste. Peu concerné par l’ingurgitation de toute substance alcoolisé, quelques équipiers tentent eux désespérément d’assumer les excès éthyliques de la veille. Hommage ici aux latrines du restoroute qui font désormais porte-close.

14h00. Les joueurs, repus, arrivent au stade, d’avantage prêt pour participer à un atelier sieste plutôt que de disputer une rencontre de football. Exceptionnellement en avance sur l’horaire, ils en profitent pour zieuter le match des jeunes magnyçois opposés à Versailles. Une boucherie sans nom ponctuée d’un affligeant score de 17-0 en faveur des visiteurs. De quoi lever les éventuels doutes sur la relève triomphante du MFC.

15h00. Un lot d’armoires normandes fait son apparition au stade Jacques Anquetil. A mi chemin entre rugbymans et boxeurs, les gaillards composant l’armada verrièroise ne semblent pas être venus faire de la figuration. Terrorisés, la plupart des magnyçois paraissent prêt à rendre les armes avant même le coup d’envoi. En face, claquettes, shorts et sourires aux lèvres font écho à un discours optimiste sur l’inéluctable triomphe de l’équipe, entre outrecuidance et objectivité.

15h45. Après le conventionnel « semblant d’échauffement », les joueurs sont fin prêts à entamer les débats. Manque pourtant à l’appel Christian, l’homme en noir de ce match, occupé à philosopher dans les vestiaires en compagnie d’autres dirigeants. Rappelé à l’ordre par un commissionnaire, il feindra le trou de mémoire et invoquera sa décrépitude cérébrale pour justifier la quinzaine de minutes de retard du coup d’envoi. Digne jusqu’au bout.

16h00. Comme pressenti, le début de rencontre est une véritable attaque-défense en faveur de La Verrière. Maniant le ballon avec une dextérité sans faille, ils ne cessent de faire galoper les pauvres magnyçois, sans cesse acculés sur leur but. Magie du football pourtant, Yoann marque sur la première incursion du MFC dans le camp adverse. Injustice certes, mais cet enroulé pied droit ne doit rien à personne, rappelant même la maestria de l’élégant Mickael Pagis. « Pagistral » donc.

16h15. Loin d’être déboussolés par cette ouverture du score, les verrièrois se remettent en scelle en harcelant le but du gardien magnyçois. Auteur d’une parade à bout portant, il ne manquera pas d’enchanter ses fidèles supporters spécialement venus pour entendre ses légendaires rugissements bestiaux vociférés après chaque arrêt. Excès de confiance sans doute, il encaissera l’égalisation peu après, abandonné par un juge de touche totalement déstabilisé par les responsabilités que requiert cette besogne. Paniqué, l’apprenti assistant atteindra le point de non retour peu après en restituant son drapeau de touche au beau milieu de la première période. Ubuesque.

16h30. Sur une accidentelle contre-attaque le MFC parvient à obtenir un coup-franc à l’entrée de la surface de réparation. Habilement tiré, il donnera lieu à un pénalty sifflé par Christian consécutif à un arrêt de la main du défenseur adverse. Impartial, le jeune homme fautif tentera en désespoir de cause de soudoyer l’arbitre avec un « C’est pas moi qui ai fait main, c’est le mur ». En vain ; Matthieu se fait justice lui même mettant ainsi fin à une période de sept ans sans marquer le moindre but. Champagne.

16h45. Revenus au vestiaire avec un improbable avantage au score, les guerriers magnyçois semblent bien harassés par cette ardente bataille. Couronnant le tout, le coup d’envoi de la seconde mi-temps coïncide avec l’apparition de deux nouveaux joueurs verrièrois, dont la puissance et la vivacité rappellent celles des antilopes africaines. Effrayant. Réformes toujours, l’équipe visiteuse désigne un nouvel arbitre assistant, d’emblée réjoui de prendre en main le drapeau de touche. Professionnel et imperturbable, il profitera de ces 45 minutes pour se griller une blonde et passer quelques coups de bigophone tout en effectuant studieusement sa tâche. Talent.

17h05. Les assauts adverses se multiplient mais la hargne magnyçoise est sans égal. En véritable fer de lance, Cédric Loriot en profite pour assoir sa position de souverain traiteur en découpant tour à tour les jambes de ces adversaires. En sus, Christian, démontrant de nouveau que toutes les tactiques sont bonnes pour contrecarrer les attaques de l’ennemi, décide de siffler une faute grossière d’un verrièrois, coupable d’avoir dit « Laisse, j’ai la balle » à un coéquipier. Inexcusable.

17h10. Sur la seule incursion magnyçoise dans le camp adverse, Cédric Faravel, l’adroit milieu de terrain, catapulte un ballon des vingts mètres dans le petit filet adverse. Une trajectoire « Juninhesque » pour une célébration de but romanesque où le buteur embrassera goulument le genou de son coach/capitaine récemment blessé. Exaltation toujours, La Verrière prouve sa capacité de réaction en revenant immédiatement à la marque après un cafouillage dont seul le MFC à le secret. Suspens garanti.

17h23. L’air devient irrespirable pour la foule nichée au bord du terrain. Au bord de la rupture, les joueurs magnyçois paraissent condamnés à un destin tragique tant les assaillements adverses se font de plus en plus pressants. Et comme dans toute tragi-comédie, le dénouement sera le clou du spectacle. Voyant son équipe à la peine, Christian sort de l’ombre en démontrant qu’il est bien le personnage central de la représentation. Lassé par les diverses joutes verbales verrièroises, il décidera ainsi logiquement et héroïquement d’arrêter le match 10 minutes avant le temps réglementaire. Féérie théâtrale. Rideau.

Les innombrables protestations des joueurs de La Verrière n’y changeront rien : la victoire 3-2 du MFC 2 est entérinée par Christian. Au courage, nos magnyçois ont réalisé un joli hold-up qui les replacent parfaitement dans la course à la montée. Une remontée au classement inespérée pour une équipe irrégulière et sans cesse remaniée à chaque rendez vous dominical. Pour preuve, 44 larrons ont à ce jour disputés au moins une rencontre avec l’équipe 2 de Magny. Une ode à l’égalitarisme footballistique.
Outre l’évidence de la bravoure collective, il faut également noté que chacun à su apporter, à sa manière, sa pierre à l’édifice dans ce long combat acharné. Revu d’effectif à travers cinq qualités qui ont fait la différence aujourd’hui : Le charme, l’expérience, la délicatesse, le travail de l’ombre et bien évidemment le génie.

Le charme

Cédric Faravel : Venu en aide à l’équipe 2 pour ce match, Cedric « Maxwell » a livré une prestation de grand standing. Statistiques à la clé, un but et une passe décisive, le playboy a répondu de la plus belle des manières aux détracteurs qui le disait chafouin d’aller jouer en équipe réserve. C’était mal connaître cet amoureux du ballon rond, trop occupé à aider ses coéquipiers et le club plutôt que sa petite personne. Son coté Robin des Bois, sans doute.

Romain : Totalement transfiguré depuis le début de l’année civile, le célèbre portier magnyçois n’en finit plus de stupéfier ses coéquipiers. Passé du statut de boulet à celui de star en quelques mois, l’ascension du poupon blondinet pourrait presque paraître suspecte voire mystique. Qu’importe, Romain Kahn a encore prouvé qu’il était à la hauteur de son homologue bavarois en étant solide sur sa ligne et en haranguant constamment ses partenaires. Prochaine étape : parvenir à botter un six mètres.

Yoann : Pour son premier rendez-vous avec le football de club cette année, l’ « anaconda des Yvelines » a été l’un des hommes forts de cette rencontre. En bel esthète façonné pour séduire toute femmes de 7 à 77 ans, le malgache d’adoption s’est aussi montré à la hauteur sur le terrain, réussissant brillamment à marquer le premier but de la rencontre d’un somptueuse frappe enroulée. A l’aise dans tous les domaines, sur et en dehors du terrain, le bellâtre à donc de quoi jalouser, se rapprochant jour après jour de l’excellence. Nul doute, il faudra au moins rappeler le commissaire Moulin pour trouver à cet enjôleur un quelconque défaut.

L’expérience

Mathieu Krol : Une nouvelle fois doyen de l’équipe, le nouveau capitaine du MFC n’a pas dérogé à sa fameuse règle du calme olympien. A l’expérience et tout en contrôle durant l’ensemble de la partie, il stoppera bon nombre d’actions adverses lorsqu’elles arrivèrent face à lui. Pour toute balle en profondeur, il comptera cependant sur ses coéquipiers, mentionnant ses faibles capacités cardiaques, auditives et visuelles. Mais même a 30% de ses capacités, Papi Krol régale par sa classe et son sang froid dans les moments difficiles. Un clin d’œil avisé au maitre Alessandro Nesta.

La délicatesse

Cédric Loriot : « Un peu d’élégance et de douceur ne fait jamais de mal ». Voici en quelque sorte le crédo du maitre poissonnier qu’il s’efforce de mettre en œuvre à chaque rendez vous dominical avec plus ou moins de réussite. Difficile de passer à coté de sa prestation tant il a été intraitable en défense, respectant ainsi son autre dogme : « J’arrive comme un bœuf sur le joueur et quoiqu’il arrive celui ci ne passe pas ». Une tactique payante qui ne manquera pas d’agacer son adversaire direct, rongé par la frustration. Du grand Lorax, une nouvelle fois.

Vincent : Dans la catégorie finesse, l’apprenti footballeur Vincent a su également tiré son épingle du jeu. Dépourvu de technique et de science du placement, il corrige ses faiblesses avec une activité physique débordante. Ce chien fou du milieu de terrain réalisera un travail de sape plus que louable, rappelant même les heures de gloires d’un Diego Perez. Louable pour ce joueur encore méconnu du public il y a quelque mois. Une pépite de plus dans la pépinière.

Serge : Le cupidon latin rappelant les chaudes nuits lisboètes, a une nouvelle fois été l’une des attractions du jour. Anéanti de l’intérieur par l’alcool absorbé la veille, le vagabond lusitanien ne fut pas loin de rendre tripe et boyaux sur le terrain. Frisant la léthargie, il sera bien aidé par un ennemi qui lui assènera un coup de coude en pleine poire. La bête réveillée, place maintenant au « Serge de gala », et à une partition menée à la perfection, entre rudesse et spectacularité. Oui, il fallait plus qu’une bouteille de whisky pour faire tomber l’armoire portugaise.

Le travail de l’ombre

Alexis : Pilier de l’équipe, le flegmatique gunner a une énième fois fait le boulot au milieu du terrain. Peu accoutumé aux frasques et aux paillettes, il restera dans l’obscurité tout au long du match, continuellement attaché à remplir une copie de bonne facture. Résultat probant pour le Alain Afflelou magnyçois, auteur d’une prestation honorable, évoquant la besogne rébarbative d’un Didier Deschamps. Pas franchement enivrant mais redoutablement efficace.

Charles : Disciple non assumé du bonimenteur enjôleur Cédric Loriot, le charme du chétif défenseur commence à se faire un nom dans le monde de la séduction. Et si l’élève dépassait plus vite que prévu le maitre ? D’un point de vue footballistique en tout cas, tout porte à croire que la passation de pouvoir est d’ors et déjà entériné tant il est difficile de trouver une faille dans la performance de l’apprenti poissonnier. Solide en défense, il dissuadera peu à peu les incessantes attaques verrièroises grâce à une lecture du jeu « Koscielnesque ». Remarquable.

Le génie

Romain Goubet : Apercevoir la machine à whisky sur un terrain de football est une idée d’emblée difficile à concevoir. Mais décuplée à celle de le regarder exercer la fonction d’arbitre de touche toute une mi-temps, cela devient clairement lunaire. Rentré en seconde période, « Gromain » a talentueusement récité l’ensemble de son répertoire footballistique avec une somptuosité sans pareille. Technicité, conservation de balle, précision de passe et un total de trois ballons touchés en 45 minutes : pas de doute, un crack est né. Petit bémol tout de même au sujet de sa capacité d’accélération, puisqu’il sera chronométré en 20’13 secondes au 100 mètres.

Stéphane : Autre représentant de la sphère des gazelles, le récent père de famille avait à cœur d’honorer sa paternité par un but. Sans doute paniqué par l’enjeu, il ne parviendra pas à trouver le chemin des filets, se contentant de regarder le spectacle proposé par les 21 acteurs, campé au centre du terrain. Une technique payante qui lui permettra d’exhiber sa science du déplacement et son art de l’appel de balle dans le vide. Une copie conforme à son rendement habituel, mais qui nourrit peut être quelques espoirs pour la suite du championnat. Une chose est certaine : la plèbe souhaite revoir un but et une célébration façon roulade.

Rémy : Comme à l’accoutumée, il convient de finir par Cabor, alias le petit prodige du football. Jamais lassé d’offrir à ses spectateurs une véritable leçon de football, il a encore récidivé ce dimanche grâce à sa fraicheur et son potentiel technique hors du commun. A l’aise sur le terrain du football comme sur celui du glamour, l’artiste a su contenir les attaques adverses tout en participant activement aux rares incursions magnyçoises. Pour preuve : une passe décisive du tibia sur le troisième but de son équipe. Une nouvelle fois inventif et décisif, il faudrait être déraisonnable pour ne pas croire que la frétillante crevette finira sa prodigieuse ascension en équipe première.

Hold-up, sauce magnyçoise

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