Pour ce second volet d’instant critique du septième art, je souhaiterai mettre en lumière l’œuvre controversée d’Anthony Marciano, intitulée « Robin des Bois, la véritable histoire », qui avec ses 500 000 entrées au box office français n’a pas vraiment dompté un public pourtant acquis à sa cause depuis le succès des « Gamins ». Assurément un semi flop comparé au « Cinéman » de Yann Moix, devenu référence en matière de désastre cinématographique, mais un joli « fiascounet » tout de même.

L’état d’esprit post visionnage du film n’était donc évidemment pas propice à la joyeuseté. Un titre de film d’une rare créativité, des commentaires accablants des professionnels du cinéma et un rejet plus ou moins global des spectateurs : il ne m’en fallait pas moins pour me donner envie de regarder le bijou et confirmer ainsi mes réticences préalables. Once d’espoir cependant avec la présence de bon nombre d’acteurs que j’ai clairement «  à la bonne » tels Malik Benthala, Max Boublil, Gerard Darmon où encore Eric & Quentin du « Petit Journal ». Car comme disait Jean Reno, « un excellent acteur peut épargner un navet ». Regrettable pour « Comme un chef » et « Avis de mistral ».

Maintes et maintes fois repris au cinéma, le récit de robin des bois est ici parodiée par le réalisateur, comme l’avait fait jadis Mel Brooks avec « Sacré Robin de Bois » sortie il y a déjà 25 années. Loin de moi l’idée de comparer les deux réalisateurs ( à ce compte, autant oser assimiler les performances d’Usain Bolt à celles de Christophe Lemaitre), il convient simplement ici de décrire le ton commun du film, proche de la dérision ras des pâquerettes, anachronique et délibérément « con-con » du film « Rrrrrrrrr » réalisé par la troupe des Robins des Bois (jeu de mot accidentel).

Dans cette adaptation, Robin des Bois, joué par Max Boublil, est ici représenté comme une pourriture de première, volant aux pauvres, femmes et personnes âgées. Avec son compère Tuck (Malik Benthala), dépeint comme un homosexuel vigoureusement amoureux de Robin, il rêve de faire un gros coup pour racheter une maison close baptisée le « Pussycat » et décide pour se faire de voler l’argent de la caisse des impôts. Dans ses pérégrinations, Robin tombe sur les membres gang de Sherwood, dont Petit Jean ( Ary Abittan) et Marianne (Géraldine Nakache), qui vont l’aider à atteindre son but à leur insu.

Ne le cachons pas : il est préférable de regarder ce film au cours d’une soirée où l’enthousiasme prédomine sur le désenchantement, et l’éthylisme sur la sagesse. L’alcool aidant il vous semblera tout de suite moins impossible, par exemple, de trouver le jeu d’acteur de Max Boublil juste. Ainsi vous vous focaliserez uniquement sur l’entendue du répertoire burlesque du petit prince de la comédie française, certes plus à l’aise dans l’exercice des vidéos parodiques, mais indubitablement talentueux en matière d’humour infantilisant.

Attendu qu’à jeun, il est possible que vienne en vous le démon de la critique bourgeois-bohème à la Xavier Leherpeur. Et s’entendre dire « Y’a juste un monde d’écart entre la comédie américaine et la nôtre » où encore « Rien de vaux un bon Judd Appatow » n’est pas toujours facile à assumer pour le citoyen de la « France d’en bas » ( notons ici la petite pensée nostalgique pour Jean-Pierre Raffarin).

Prenons plutôt cette œuvre cinématographique comme une gigantesque récréation, qui, sur fond de gags potaches, permet clairement de se taper une bonne tranche de rigolade. Le film fait la par belle aux seconds rôles avec notamment un Gérard Darmon tapé du ciboulot à tendance cannibale et un Patrick Timsit directeur de maison close à tendance pédophilo-lesbien. A noter également la présence du duo Eric et Quentin, malheureusement dans un rôle peu exaltant, mais qui permet d’admirer à nouveau, le sourire aux lèvres, leurs ganaches singulières et bidonnantes. Enfin, miracle et surtout soulagement, Ary Abittan joue la comédie sans faire la caricature du juif lambda. Dieux existe donc.

Cosmique toujours, terminons en beauté ce passage en revue des acteurs du film par Malik Benthala, qui, très subjectivement, porte sur ses épaules presque l’entièreté des répliques les plus tordantes du film. Incarnant le frère d’armes de Robin, il joue avec perfection le rôle du parano entêté, ainsi que celui de l’amoureux à peine refoulé de son meilleur ami. On retrouve ainsi ses mimiques et sa gouaille insolite qui font mouche à chaque instant où il apparaît en scène. Mention spéciale pour cette scène aussi hilarante que répugnante où il se voit obliger de prendre un bain avec le personnage du proxénète incarné par Patrick Timsit et de lui sucer les paluches, dans le but de permettre à Robin de voler son argent. Une scène qui amènera cette phrase féerique : « Ca se passe comment pour la redistribution de l’argent ? Nan parce que je viens quand même de sucer le pied d’un mec de 65 balais là ». Michel Audiard peut enfin reposer en paix.

En conclusion, une comédie à deux doigts du navet si on ne la visionne pas au ixième degré et si on accroche pas à ce type d’humour, mais un film sympathique (sur lequel je n’aurais pas misé un kopeck) qui vaut largement les comédies françaises du moment type « Les gorilles » ( Joey on t’aime mais il est temps de revenir à tes premiers amours musicaux). Seul hic, pourquoi avoir incorporé Matt Pokora en Robin des bois à la toute fin du film ? Balourdise se voulant comique sur fond d’anachronisme ou publicité à peine masquée pour la comédie musicale où il incarne le personnage du héros ?

Mystère et boule de gomme comme le disait si bien Jean-Paul Sartre…

A bon entendeur …

J’ai vu… Robin des Bois, la véritable histoire

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