Dimanche 8 décembre. A peine remis de leur humiliante déconvenue de la semaine dernière, les joueurs du MFC 2 ressortent cette fois ci le bleu de chauffe pour affronter l’ogre St Arnoult en Yvelines, actuel leader du championnat. Partagés entre instinct de révolte et crainte d’un nouvel affront, c’est l’esprit fiévreux que les magnyçois abordent une rencontre capitale au point de vue comptable. Un délectable « match à six points ».

14h15. A peine arrivés au « théâtre des rêves yvelinois », les joueurs apprennent une tragique nouvelle. Milan, l’ancien combattant serbe préposé au remplissage des gourdes et au saucissonnage du fameux quatre quart post match, manquera ce nouveau rendez-vous. Mélancolie et désenchantement gagnent alors joueurs et spectateurs, déjà habitués aux frasques du fantasque « Papi Chapka ». Spleen quand tu nous tiens.

14h30. Toumou, artilleur de choix du bataillon magnyçois, décide à son tour de rendre les armes avant même le coup d’envoi du match. Souhaitant préserver sont petit corps fragile, l’indolent résidu humain prétextera un lendemain de soirée difficile comme échappatoire. Roublard.

14h45. Les arnolphiens débutent un échauffement aussi consciencieux que sophistiqué. Atterrés par cet excès de professionnalisme, les joueurs du MFC décident alors de prendre le contre pied de ses adversaires en entamant une fantaisiste « brésilienne ». Encouragés par l’ambiance décontracte, certains en profitent pour tourner en ridicule les faciès adverses, relevant notamment une insolite recrudescence de joueurs chauves ou déplumés. Taquin.

14h55. Convoqué pour le traditionnel point arbitral d’avant match, le capitaine magnyçois fait la connaissance de son homologue du jour. Tonsure prononcée, barbe « amazonienne », yeux de Droopy et tendance à l’embonpoint, le chef de file arnolphien est loin d’inspirer une quelconque sympathie. Malgré quelques audacieuses tentatives humoristiques, le capitaine de Magny se frustrera vite devant l’impassibilité et le flegme du « viking de Saint Arnoult ».

15h20. Début de match pour le moins étrange. Déjouant talentueusement les pronostiques, le MFC tient la dragée haute au leader du championnat. Sur un nuage, les locaux livrent 20 minutes de football total alliant avec brio redoublements de passes et motivation exacerbée. La frénésie footballistique atteint son paroxysme avec l’ouverture du score, obtenue grâce à une action limpide, faisant la part belle au fameux Toque barcelonais. Inespéré.

15h30. Offrant au public les habituelles fautes techniques et autres incroyables ratés qui ont forgé la légende de l’équipe, les magnyçois rentrent peu à peu dans le rang. Sur un coup franc adverse, la magie reprend définitivement le dessus quand la totalité des défenseurs décident, sans concertation, d’adopter la technique de la « paralysie commune ». Restés immobiles sur le centre lobé du joueur adverse, ils assistent aux premières loges à une égalisation arnolphienne déconcertante de facilité.

15h40. Après un modèle de contre attaque, les visiteurs prennent l’avantage sur leur deuxième véritable occasion. Enragés par l’insolente réussite de l’équipe visiteuse, les joueurs du MFC tentent de garder le cap en prenant vainement d’assaut la cage adverse. Le moral des troupes est ébranlé ; mais le comble est pourtant à venir. Sur une frappe insignifiante de l’attaquant adverse, le portier magnyçois y va de sa bourde dominicale, rendant du même coup hommage à Luis Arconada et David « Calamity » James. Exemplaire régularité pour Romain, qui, en jeune garçon discipliné, gratifie le public d’au moins une bévue par match.

15H45. Désabusés par ce scénario cataclysmique, les locaux regagnent leur vestiaire têtes basses. Comme à l’accoutumée, Christian affiche son légendaire optimisme en vantant copieusement les mérites de l’équipe adverse. Idéal pour faire le plein de confiance avant la reprise.

16H00. Les joueurs sont fin prêts à entamer le second acte. Seul un homme manque à l’appel : Christian, arbitre assistant du jour, parti soulager sa vessie au moment le plus opportun. Prenant conscience de son retard, il engagea alors une tentative de sprint plus salutaire qu’efficace. Époumoné, il parviendra péniblement à regagner son coté sous les yeux médusés des joueurs, abattus par la scène à laquelle ils viennent d’assister.

16H15. Soucieux de montrer leur vrai visage, les arnolphiens se montrent bien plus conquérants qu’en première période. Naturellement, ils parviennent rapidement à transpercer les filets sur une chanceuse mais néanmoins splendide reprise de volée de leur attaquant. Pâlot comme un inuit, ce coton tige géant n’est d’ailleurs pas sans rappeler la ganache du néo-rémois Gaétan Charbonnier. Stupéfiant.

16h30. La rencontre ressemble à un long chemin de croix pour l’équipe magnyçoise si bien que la quasi totalité des offensives adverses termine par un but. Aux balbutiements techniques s’ajoutent alors la démobilisation générale. Le mal parait profond. Pourtant certains tentent de garder le sourire en quémandant par exemple aux adversaires, lors d’un entre deux, de restituer le ballon mollement au portier du MFC, afin d’éviter une nouvelle déconvenue. Franche déconnade.

16h45. L’arbitre siffle la fin du calvaire pour le MFC et entérine la victoire 6-2 des visiteurs. Preuve une nouvelle fois que les magnyçois n’y vont pas de main morte quand il s’agit de perdre un match. Englués dans le ventre mou du classement, ils affichent un bilan mitigé de 5 victoires – 5 défaites. Mais l’essentiel est ailleurs. 29 buts marqués, 30 encaissés en dix matchs de championnat. La statistique est révélatrice d’un attachement certain à la (non) stratégie du « hourra football » déridant ainsi chaque dimanche les observateurs avisés du bord du terrain. Spectacle, exaltation et fantasmagorie : voilà l’essence du MFC 2 !

 

Homogénéité collective oblige, il convient exceptionnellement de mettre en avant l’ensemble des forces vives de l’équipe du MFC tant la déroute fut collégiale.

Romain : Constant dans l’effort, Romain « Lagaffe » vient d’encaisser la bagatelle de 13 buts en deux matchs. Un bilan « Pouplinesque » qui n’atteint pourtant pas le moral de l’apprenti portier, toujours déterminé à vaincre le signe indien à l’instar de son homologue sochalien. Motif de satisfaction : il réalisa ce dimanche sa toute première parade sous le maillot magnyçois. Prometteur.

Serge : De retour sur le flanc droit de la défense, l’ami « Michi » a bluffé par son incroyable persévérance à exécuter des relances dans l’axe. Mettant en difficulté ses coéquipiers, il rattrapera néanmoins à temps l’ensemble de ses étourderies. Dépourvu de motivation dès le coup d’envoi, il laissera patiemment filer la rencontre grâce son légendaire flegme. Pas de doutes : notre « globe-trotter lover » aurait préféré la douceur de son polochon à la rudesse du froid hivernal.

Cédric : Déception pour les fanatiques du renommé « cisailleur des Yvelines ». Pas un seul tacle digne de ce nom à se mettre sous la dent durant la rencontre. Encore aviné de la veille, il se contentera de chahuter assidument Charles, son collègue et nouveau coéquipier dans l’équipe. Le reste fut un classique pour « Mister Cocktail » : des passes d’une justesse technique folle et une capacité inconditionnelle à reconnaitre ses éventuelles erreurs.

Mathieu : Du grand « Papi Krol » ce dimanche. Le chef de fil défensif de l’équipe a rempli à merveille son contrat en rassurant constamment ses partenaires. Certains détracteurs noteront toutefois son implication dans la moitié des buts adverses. Ne souhaitant pas interrompre sa paisible balade, il laissera effectivement ses coéquipiers agir sans son aide à chacune de ses pertes de balle. Un exercice de style qui s’est avéré peu efficace mais qui dénote l’envie émouvante de notre « nounours vieillissant » de passer généreusement le témoin à ses jeunes coéquipiers.

Charles : Grande première pour le « poissonnier à lunettes ». Ancien espoir du club tombé dans les abysses, « Charlot » est sorti de l’ombre en répondant favorablement à l’appel du pied de l’équipe 2 magnyçoise. A son aise, il livrera une prestation convaincante gratifiant le public de ses fameux crochets dévastateurs. Petit bémol : sa relation amicalo-sentimentale avec Cédric qui a parfois pu entrainer quelques sauts de concentration.

Cédric : Deux semaines sans entrainement et une bénigne blessure au pied : il n’en fallait pas temps à « Mr Piguet » pour gouter enfin aux saveurs de l’équipe 2. Un rêve devenu réalité pour le « golden boy vicinois » qui trépignait d’impatience à l’idée de jouer pour cette équipe. Et à la vue du score, il n’a pas été déçu du voyage. D’abord sur motivé par l’enjeu, il ravira les fans par son jeu simple et efficace. Une détermination qui s’estompera au fil du match frisant parfois la léthargie footballistique. Le baromètre de l’équipe en somme.

Alexis : Repositionné milieu droit, le remuant opticien n’a pas failli à sa réputation de « râtisseur de ballon ». A la manière d’un Philippe Violeau des temps modernes, il déploiera ses grandes guiboles pour stopper bon nombre des offensives arnolphiennes. Un brin émoussé physiquement et mentalement, il finira la rencontre en roue libre, preuve de son inconstance chronique durant les matchs. In globo, une prestation correcte pour le nouveau « Jean Roch » de la région.

Nicolas : Placé milieu gauche par le capitaine/coach, le bon vieux Nico monte en grade de jour en jour. Formant avec Cédric « le couloir des bouchers », il ne faillira pas à sa réputation, provoquant même une rixe avec un adversaire. Preuve qu’il fut dans tous les coups durant le premier acte, il distillera également un caviar sur le premier but de son équipe. A l’image de ses compères, il réalisera une seconde mi-temps plus insipide, ses vieux démons d’étourdi ressurgissant de façon plus immuable.

Rabah : Inconnu au bataillon avant la rencontre, il est la bonne surprise de la semaine. Ce petit trapu a su tirer son épingle du jeu, inscrivant même un but sur une tête à bout portant. Adepte du jeu en pivot et pourvu d’une excellente conservation de balle, le mystérieux anonyme nous rappelle avec bonheur les heures de gloire du mythique croate Davor Suker. Folie du mimétisme oblige, il s’inspirera également d’un autre buteur de la sélection slave, Ivan Klasnic, en vendangeant trois occasions franches.

Gwen : Arrivé en septembre au MFC, le « lutin pressé » semble retrouvé une seconde jeunesse à bientôt trente ans. Installé depuis le début de la saison à la pointe de l’attaque, il a une nouvelle fois fait parler sa hargne sur le terrain en chipant judicieusement quelques ballons à ses adversaires. Guerrier émérite, il a le privilège d’être l’atout majeur de l’équipe en terme d’endurance et de vivacité. Une nouvelle fois muet devant le but, il traverse cependant une période inquiétante de disette, ne parvenant plus à faire trembler les filets depuis maintenant deux mois. Un comble pour un attaquant de division 6.

Privilégiant le septième art au ballon rond, Stéphane et Rémi ont quant à eux brillamment réussi un énième remake du film « Casper » lors de leur entrée en jeu. Bravo à eux.

Jeu, set et match

Post navigation


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *