Au commencement un regard. Un regard perçant qui en dit long sur l’importance du moment que le Magny Fc est en train de vivre. Ce regard c’est celui du coach de l’équipe une, Nicolas Rouillon, alias le « postier séducteur », adressé à Cabor dit « le petit joyau de l’équipe 2 », faisant comprendre à tous que l’heure de gloire du petit bonhomme aux pieds d’or était enfin arrivée. Une page du MFC s’écrit alors en même temps que le nom de Rémy Bargès sur la liste des sélectionnés pour le dernier match de la saison en équipe 1 : le bouillonnant derby de la la vallée de Chevreuse entre le FC Valée 78 et le Magny FC 78, un certain Chevreusico.

Et ce n’est que le début de la supercherie. Poussé par la cascade de blessure s’abattant sur les deux équipes, Nicolas « Diesel » Rouillon décide de convoquer cinq joueurs de l’équipe 2, provoquant du même coup le forfait de celle ci pour sa dernière représentation comico-footballistique. Une récompense en entrainant une autre, Alexis, Mathieu Krol, Serge, et Christopher se voient donc également surclassés pour le rendez-vous le plus important de l’année. Une consécration collective pour les cadres de l’équipe qui ont tant fait vibrer les foules cette année mais aussi pour le coach/capitaine, si fier de voir ses petits poulains arriver à un tel niveau.

Jour de match. Tandis que les belligérants magnyçois pénètrent dans une enceinte saint rémoise sonnant étrangement creux, les joueurs sont d’emblée alpagués par le fantasque Julien, petit dernier de la famille Chapuis, habituel goal de Saint Rémy et accessoirement frère du téméraire Matthieu, milieu émérite de la formation magnyçoise. Une rencontre à la saveur particulière donc pour la fratrie des « Bidochons yvelinois », qui fleure bon le temps du règlement de compte familial « à la Boateng ». Reprenant les propos conceptuels de l’inévitable Jean Michel Lesage « Un derby ça ne se joue pas, ça se gagne ! », l’éreintant et bruyant Juju n’aura de cesse de clamer son impatience quant au lancement des débats, n’oubliant pas de rappeler avec un brin d’insistance le résultat historique du match aller : la fameuse « Manita » qui a tant fait couler d’encre.

A l’heure du coup d’envoi, les tribunes se remplissent enfin, laissant place à la finesse et la spiritualité qui caractérise les supporters des deux formations. La tension est alors à son paroxysme pour les joueurs, qui rentrent sur le terrain dans une ambiance rappelant les frénétiques derbys du Centre entre le Fc Tours et la berrichonne de Châteauroux. Tandis que trois joueurs habituels de l’équipe deux se retrouvent titulaire pour le MFC, Rémy entame la partie sur le banc de touche, prêt à donner corps et âme pour le blason magnyçois en endossant volontiers le rôle du « super remplaçant », à mi chemin entre la fougue de Mamadou Samassa et le flair d’ Ole Gunnar Solskjaer.

Faisons simple : il faudra chercher ardemment pour trouver un attrait à ce match clairement fermé à double tour. Il n’y a guère que la grinta du musulman blanc Mathieu Krol, les fulgurances du bellissime lusitanien Serge et le célèbre art de l’improvisation joué à la perfection par Alexis et sa fameuse passe du fessier, qui relève le niveau d’une rencontre clairement anesthésique. Et les supporters ne s’y trompent pas, tuant le temps par des chants faisant la par belle aux railleries sur le compte des protagonistes du jour. Mention spéciale pour la prise à partie du numéro 9 saint rémois, sorte de « Pastèque boy » local auto-proclamé star du ballon rond, plus enclin à tenir la comparaison avec Crisitiano Ronaldo par son habileté à manier l’arrogance, l’insolence et les plongeons dignes d’un concours olympique de grand tremplin, que par son rendement footballistique.

Le rayon de soleil de ce match viendra à cinq minutes de la fin du match. Alors que le score est de 0-0 et que l’attaque magnyçoise a déjà vendangé trois franches occasions, le MFC sort de sa botte secrète le chirurgical Cabor pour décadenasser le verrou saint rémois. Rentré sous les ovations d’un public acquis à sa cause, la bouillonnante pépite ne tarde pas à se mettre en évidence en réalisant une touche d’un nouveau genre à la limite de la balle en cloche, injustement invalidé par un arbitre dont la troublante ressemblance avec le chanteur Seal à certainement déboussoler le Jean Dujardin yvelinois. Mais le principal est ailleurs car voir cette frêle brebis gambader au cours d’un derby aussi important est de l’ordre du spectacle onirique. Au final, le petit prodige s’en tirera avec un bilan plutôt positif ne parvenant toutefois pas à toucher la balle avec ses pieds en cinq minutes de temps de jeu. Magique.

Au final toujours un regard. Un regard rempli de fierté du coach Rouillon envers ses joueurs qui grâce à ce résultat nul et vierge viennent d’assurer le titre de division 3 et une accession à l’échelon supérieur. Accusé d’être à l’origine du Pustch qui a vu son prédécesseur se faire démettre de ses fonctions en pleine saison, le nabot virevoltant a pris une belle revanche sur les médisants qui le disait incapable de gérer une équipe tout en étant joueur sur le terrain. Le Gianluca Vialli magnyçois est né, et si il nous déniche des pépites comme Rémy Bargès, son avenir à la tête de l’équipe ne peut être remis en cause.

Une chose est certaine l’avenir du MFC est entre de bonnes mains.

La consécration

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