Dimanche 13 octobre. Le MFC 2 reçoit Houdan 2. Depuis sa « balade de santé » sur le terrain des Essarts le Roi, l’équipe magnyçoise n’avance plus masquée. Les adversaires sont aux aguets et nos héros se doivent de répondre présents. Déjà peu enclin à un stress post-match, ils voient cependant leurs craintes se dissiper en un tour de main dès leur arrivée au stade.

14h30. Les belligérants ont déjà investi les lieux. A première vue, ces individus débarquent de loin, de très loin … A commencer par les dirigeants, qui incarnent à la perfection l’escouade houdanaise. Le délégué est un spécimen extraordinaire, voir accidentel. Réplique achevée de Freddy Krueger, il s’apparente à un authentique croque-mitaine. Doté d’une dentition très hasardeuse, d’un nez crochu et d’un dos cabossé, l’individu inquiète. Les commérages vont bon train et on entend ça et là que consanguinité et pédophilie n’auraient pas de secrets pour lui. Troublant.
Dans un autre style, l’entraineur tire aussi son épingle du jeu. Mixe capillaire de Daddy Day et Dave, il parachève l’analogie musicale avec une voix d’adolescent pré-pubère. Bluffant.

14h50. Les joueurs d’Houdan sortent du vestiaire en tenue de combat. Malgré une volonté certaine de crédibilité, ils n’ont de footballeurs que l’accoutrement. L’embonpoint de la quasi majorité de l’équipe étonne et il ne fait aucun doute que chacun possède un excellent coup de fourchette. Deux ou trois paraissent même dépasser le quintal. Inquiétant.

14h55. Rassurés au sujet de leur soit disant « ossature lourde », les joueurs du MFC commencent à se préparer. Comme à l’accoutumée, Christian mentionne aux non licenciés leur prénom du jour. Mathieu en profite pour établir un nouveau record d’usurpation d’identité footballistique : 4 matchs/4 licences/ 4prénoms distincts.

15h10. Le dernier joueur du MFC arrive au stade. Pendant ce temps, ses coéquipiers expérimentent le modèle de l’échauffement anarchiste.

15h20. Le capitaine est chargé de composer l’équipe du jour. Organisation béton oblige, l’unique remplaçant officiera comme arbitre de touche. Le dit joueur concède alors qu’il n’est notamment pas au fait de la règle du hors jeu. Partisan du risque zéro, il ne lèvera pas une seule fois son drapeau de la première mi-temps.

15h30. Christian réunit les deux capitaines dans le rond central pour le traditionnel toss. Le capitaine adverse est étrangement muet. Fort de ce mutisme et de sa taille réduite, la comparaison avec Simplet est alors inévitable. Ayant échoué à l’épreuve du toss, l’avorton regagne ensuite sa moitié de terrain, perdu au milieu des grands dodus qui composent son équipe.

15h45. Le MFC ouvre le score. Profitant de l’apathie de la défense et d’une sortie déconcertante du gardien adverse, l’attaquant magnyçois se faufile aisément parmi une forêt de jambes pour marquer un but enfantin. Aux bords du terrain, les rires sont déjà au rendez-vous.

16h05. Désabusé par la pauvreté technique du match, Christian décide de siffler la pause à la 35e minute de jeu. Il se voit pourtant dans l’obligation de terminer la mi-temps après que les supporters, hilares, se soit aperçus de la supercherie. Désireux de ne pas perdre la face, Christian tente un coup de bluff et vérifie l’état de sa montre en tapotant dessus. Du grand art.

16h15. Flash spécial venu tout droit du Mesnil Saint Denis où se déroule le match de l’équipe 1 : « Après une période de disette longue d’un an et demi, le capitaine de l’équipe parvient à trouver le chemin des filets. Un orchestre est appelé d’urgence pour fêter l’événement ». Pendant ce temps, Christian siffle de nouveau la mi-temps sur le score de 2-0 pour les locaux.

16h40. Entre amusement et ébahissement, il ne manque qu’un chapiteau aux supporters pour se penser au cirque. En dix minutes, une pluie de relances ratés, de chutes improbables, de fautes grossières et de gestes techniques d’un genre nouveau, s’abat sur le terrain. Couronnant le tout, l’attaquant du MFC vendange son pénalty et mange à lui seul la feuille de match.

« Manger la feuille de match », expression footballistique française : se dit d’un joueur gâchant une ou plusieurs occasions faciles de transpercer la cage. Cette surprenante inefficacité est communément due à un manque de confiance pour et envers soi qui s’amplifie au fil des buts manqués. Exemple : Jimmy Briand, Karim Benzema, Anthony Le Tallec.

16h50. Après la réduction du score adverse, les joueurs du MFC se prennent enfin en main. Revenu fringant de ses vacances aux Essarts, Alexis régale en délivrant sa 3e passe décisive. Vannés de leurs nombreux efforts, les défenseurs centraux magnyçois décident de se tenir par l’épaule, attendant sagement la tournée du patron.

17h10. Après s’être crêpé le chignon avec un joueur du MFC, Christian subit maintenant les injures de l’attaquant houdanais, lésé de ne pas avoir obtenu un penalty « Poivrot, tu as trois grammes dans chaque bras, comment veux-tu arbitrer ? ». Charmant. Un brin bougon, le jeune homme quittera prématurément le terrain, victime de l’autoritarisme assumé de Christian.

17h15. Devant des supporters aussi médusés que ravis par le spectacle offert, le MFC l’emporte sur le score de 5-2. Grâce à ce troisième succès d’affilée, le MFC prend la tête du championnat de division 6. Lunaire.

 

Le probant succès du MFC a permis à de nombreux joueurs de se démarquer. Certains ont tiré magistralement l’équipe vers le haut. Match dans le match et joueurs clés, retour comme chaque semaine sur les pépites de l’événement.

Le match dans le match : gardiens, le choc des titans

Difficile de mettre des mots sur ce duel tant la duperie est grande.

Le gardien d’Houdan est un beau bébé. Pataud et rondouillard, il s’apparente à un pilier de rugby. Se dandinant comme les oies anglaises des Aristochats, l’homme parait perdu au milieu de ses cages. Souci d’être en vogue oblige, il cache sa longue tignasse rousse à l’aide d’une casquette militaire. Ravissant. Déjà peu reluisant, le tableau se noircit davantage au vue de son niveau de jeu. Apathique sur l’ensemble des buts concédés, il ne daignera pas une seule fois plonger ni botter une remise en jeu au six mètres. Malgré tout, il parvient miraculeusement à stopper un penalty, évitant ainsi de rendre copie blanche.

Le portier magnyçois n’est pas en reste. Pour son premier match avec l’équipe 2, il est désigné gardien de but par Christian. Rassurant, celui ci explique qu’il a joué « un peu au goal en moins de 15ans ». Avec son visage poupon, le garçon paraît pourtant perdu. Lui même ne semble pas croire à son éventuel potentiel. A raison. Le début de match est chaotique et ses coéquipiers comprennent l’importance de ne pas laisser tirer les adversaires. Prises de balles incertaines et sorties « à la pêche », l’apprenti portier régale. Le plongeon sur son premier but encaissé est même qualifié d’ « œuvre d’art » par tous. Au MFC, une nouvelle étoile est née et Christian, en vieux briscard du football, ne s’y trompe pas en le congratulant à la fin du match : « On a trouvé notre gardien les gars ! ». Vivement la semaine prochaine.

Les joueurs clés : Rémi Barges, Serge Rodrigues, Mathieu Krol

Rémi : Et si ce petit squelette imberbe était l’atout majeur de ce MFC version équipe 2 ? Adulé par la foule (particulièrement la gente féminine) et pour la première fois titulaire, Cabor n’en finit plus de surprendre. Une fierté pour « monsieur muscle » qui ne tarde pas à donner raison à ces fans. Classé danger n°1 par le coach adverse dès l’entame de match, il inscrit son troisième but en autant de match grâce à une frappe du pointu dont lui seul a le secret. En état de grâce, il gambadera comme un coq tout au long du match. Sortie sous les acclamations du public, il finira la rencontre en tant qu’arbitre de touche sans rechigner. Preuve qu’homme idéal rime avec joueur idéal.

Serge : Un temps annoncé sur le départ, le bon vieux Sichi (ou Michi selon l’humeur) est, à ce jour, toujours footballeur du Magny FC. Boudé par le nouveau coach de l’équipe 1, c’est en équipe 2 que le « latin lover » tend à s’épanouir. Ancien gardien du temple au temps de la belle époque magnyçoise, l’homme au « 5 pays, 3mois, sans itinéraire, en solitaire », s’est depuis émancipé. Crinière au vent, il sévit maintenant en défense où il contre aisément les assauts adverses grâce à ses muscles saillants. Lors de ce rendez-vous dominical, il a beaucoup tenté. Coup du crapaud, relances dans l’axe, centre aux adversaires, gestes techniques en tout genre, frappes du milieu de terrain : c’était le Sergio show.

Mathieu : Inusable papito. A bientôt trente ans et bien qu’à 30% de ses capacités, l’ancêtre est toujours debout, toujours prêt à en découdre avec les adversaires. Ce rencard hebdomadaire lui permet surtout de faire sa petite balade du dimanche, « à la papa ». Un peu juste en effectif, l’équipe s’en remet à lui pour conduire la défense. Un comble pour un malvoyant. Troublé par ses problèmes de vue, d’oreilles, de poumons, de genoux et de tendons, l’octogénaire parait désœuvré. Gagné par la paresse, il est à deux doigts de s’assoupir sur le gazon pour sa sieste journalière. Toutefois, il sort du lot grâce à sa simple technique et son expérience. Au sommet de son art, il amuse même le public en tentant ses légendaires feintes de dégagements. Nul doute, « Poy Poy » régale encore. Comme quoi, un héros ne meurt jamais.

Mea Culpa au sujet de Stéphane
Surnommé Casper il y a quinze jours, Stéphane a répondu de la plus belle des façons en trouvant le chemin des filets cette semaine. Manière pour lui d’exprimer sa joie et de libérer sa frustration, il nous gratifie même d’une célébration acrobatique : la fameuse galipette. Après cela, le clapet des détracteurs est bel et bien fermé.

La passe de trois

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