Dimanche 20 octobre. Enhardis par leurs trois succès consécutifs, les joueurs du MFC 2 paraissent surs de leurs forces avant d’affronter le 8e du championnat, Le Perray en Yvelines 2. Confiance relayée par les bookmakers qui ne misent pas un kopeck sur les perrotins. A raison, tant les joueurs magnyçois flirtent avec la perfection footballistique depuis maintenant un mois.

14h15. Trois premiers magnyçois arrivent au stade. Déjà peu excités à l’idée de jouer un match sous la grisaille yvelinoise, les compères attrapent définitivement le cafard en entrant dans le « parc des sports » du Perray. L’endroit est désert et monotone. Seuls quelques marmots tentent de taper la balle sur un véritable champ de patate jouxtant le terrain principal.

14h30. Soucis de ponctualité oblige, l’essentiel de l’équipe arrive à bon port trente minutes avant le match. Pendant ce temps, premier signe de vie des perrotins qui sortent du vestiaire parés de leur tunique noir et jaune, rappelant l’armada sochalienne. Ils en profitent pour tâter un terrain saupoudré de sable, censé annihilé le caractère cabossé et boueux du carré vert. Fiasco agricole.

14h40. Soucieux de fortifier la volonté de ses athlètes, Christian promet une belle récompense en cas de victoire : une bouteille de cidre doux estampillée Casino. De quoi décupler l’envie et faire saliver plus d’un joueur.

14h45. Tandis que les locaux accélèrent leur échauffement, les magnyçois révisent leur chorégraphie de célébration de but. Le bowling ayant été choisi comme thème, les joueurs tentent de former un triangle humain qui devra être mis à terre par l’auteur du but. L’opération s’avère chaotique et décousu. L’option « carpe diem » est alors habilement suggérée par l’un des joueurs.

14h55. Le dernier larron magnyçois arrive au stade. Les supporters, eux, prennent place en « tribune d’honneur » soit deux bancs en bois placés par delà les barrières du terrain. Trois ont fait le déplacement depuis Magny, churros, bières et tabac rigolo en main. Moins cocasses, les six supporters adverses amorcent l’apprivoisement d’un pitbull. Angoissant.

15h00. Réunissant les deux capitaines dans le rond central, l’arbitre se confesse. Il avoue effectuer son baptême du feu en tant qu’amiable compositeur footballistique. A l’instar d’un rejeton anxieux, il s’excuse alors par avance de ses futures bévues arbitrales. Rassurant. Au même instant, Christian et son homologue assistant traverse le terrain, ayant pris conscience qu’ils n’étaient pas campés sur le bon côté du terrain pour « faire la touche ». Exemplaire trio d’arbitre.

15h30. La lenteur du jeu proposé par le MFC est inquiétante. Surpris de rencontrer de vrais joueurs de football, les magnyçois se font littéralement piétiner par leur adversaire. La contrefaçon footballistique atteint son apogée avec l’ouverture du score des locaux : un dégagement énergique du gardien perrotin se transforme en passe décisive pour l’attaquant après avoir lobé toute la défense magnyçoise. Burlesque.

15h40. Le but du perray a le mérite de désengourdir les joueurs du MFC. L’instinct de rébellion prend définitivement forme avec l’égalisation de Saïd, l’attaquant magnyçois. Venu prêter main forte à l’équipe 2, le jeune homme est doté d’une vivacité stupéfiante. Partisans du moindre effort, ses coéquipiers ne s’y trompe pas et adopte en conséquence une nouvelle stratégie : « On balance devant et Saïd court ». Protestant contre cette tactique fallacieuse, il oublie volontairement la chorégraphie de célébration de but. Malicieux.

15h45. L’arbitre siffle la mi-temps sur le score de 1-1. Purge footballistique. Une assistance psychologique et ophtalmologique est quémandée pour les quelques fans présents.

16h00. Après avoir remotivé ses troupes à l’aide d’un quatre quarts aux fruits, Christian réapparait sur la pelouse. Contrairement à son homologue assistant, il parvient à comprendre le nécessaire changement de côté des arbitres de touche après la pause. Perdu, le dirigeant du Perray profite des explications avisées de Christian, devenu incollable en la matière.

16h20. Christian manque de peu d’être croquer par le pitbull. Sans doute turlupiner par le spectacle infligé, la bête paraît déterminée à atteindre son objectif dinatoire. Sauvé par un spectateur/dompteur, Cricri profite immédiatement de sa liberté retrouvée pour enguirlander Saïd, qui vient de manquer son quatrième face à face avec le gardien. Vendanges tardives.

16h25. Lassé de voir l’attaquant du MFC échouer, le capitaine perrotin décide de lui montrer la marche à suivre. Deux frappes, deux lucarnes : au revoir messieurs dames ! Dés lors menés 3-1, les magnyçois jettent psychologiquement l’éponge. Signe de la déroute collective du jour, les tentatives solitaires avortées s’intensifient. Un vide technique navrant.

16h40. La descente aux enfers se poursuit. Ayant perdu l’envie de jouer, l’attaquant du MFC sort du terrain pour rentrer au chaud. Sur une nouvelle balle en profondeur, les locaux corsent ensuite l’addition, bien aidé par une sortie loufoque du portier magnyçois.

16h45. Fin du fiasco et victoire 5-1 de l’équipe du Perray en Yvelines. Médusés mais pas abattus, les magnyçois rentrent tout de même avec le sourire aux vestiaires, conscients qu’ils sont passés au travers d’un match pourtant à leur portée. Deuxième avant la trêve automnale, le bilan reste salutaire pour le MFC 2. De quoi déguster savoureusement le bon cidre de Christian.

 

Malgré la débâcle, la confrontation a fait naitre quelques satisfactions dans les rangs magnyçois. Match dans le match et joueurs clés, retour sur ces héros qui ont surnagé pendant le naufrage.

Le match dans le match : les capitaines 

Entre nos deux chefs d’équipe, l’homologie est frappante. Les deux rondouillards sont des anciens joueurs de leur équipe première. Admettant volontiers leur déclin, ils profitent du toss pour se rappeler au bon souvenir de « la belle époque ». Relégués en équipe 2, ils ont pour mission d’amener leurs compères au titre suprême dans un championnat qu’ils jugent « amusant ». De quoi se préparer tout doucement au passage en vétéran.

Malgré ces évidentes similitudes, ce duel est l’occasion d’opposer modèle totalitaire et modèle Anarcho/Démocrate. Qualifié de despote par certains chroniqueurs, le capitaine perrotin n’hésite pas élever la voix et haranguer durement ses partenaires. Culte de la personnalité oblige, il fait comprendre à tous qu’il est le seul capitaine à bord en gérant avec brio et fermeté les changements de joueurs. Plus clément est le capitaine magnyçois qui laisse l’équipe s’autogérer avec plus ou moins de succès. Absences d’échauffement, équipe composée au dernier moment, changements improvisés : le résultat est un imbroglio notoire qui a toutefois le mérite d’allier divertissement et originalité.

Le match dans le match est remporté haut la main par le capitaine du Perray. A croire que l’autoritarisme est en vogue. Le grand chauve est pourtant resté longtemps dans l’ombre. Mais deux éclairs en seconde période lui ont permis de marquer le match de son empreinte sans même avoir besoin de courir. A l’inverse, le match du capitaine magnyçois est à oublier. Pataud une bonne partie du match, il s’est contenté de tenter quelques petits ponts, sans la réussite habituelle. Méconnaissable et acceptant la défaite, il sortira de lui-même en fin de match. Honorable.

Les joueurs clés : Nicolas Delaunay, Rémy Bargés, Thomas Le Tirant

Rémy : Inarrêtable « Cabor ». Difficile de trouver les mots tant les progrès de l’apprenti « Pastèque Boy » sont prodigieux. Désormais titulaire indiscutable, le robuste joueur du MFC s’est même essayé au poste d’attaquant. Une réussite selon lui. Distillant une merveille de passe sur l’unique but magnyçois, il fut une nouvelle fois le principal atout de son équipe. Injustement remplacé, il décidera d’annuler la venue d’un car de supportrices suédoises acquit à sa cause. Fâcheux. Mais l’essentiel n’est pas là pour l’ami « mimolette ». Sur sa lancée, il continue son ascension vers les sommets footballistiques, sans heurts et avec une classe jusqu’ici inégalée. Nul doute, l’avenir lui appartient.

Thomas : 20 minutes de jeu pour « le lutin chinois » cette semaine et un bilan éloquent à l’arrivée. Après s’être échauffé à l’aide d’une bière et de ses plantes médicinales, il fait son apparition en début de seconde période. Le farfadet débute en trombe, dégringolant sur le sol en pur soliste. La suite est une succession de gestes techniques haut de gammes : déviations en une touche de balles, accélérations tranchantes, passes assurées. « Zinédine Toumou » est bien présent. Néanmoins, il baissera de régime au bout de dix minutes, rythme cardiaque en surchauffe oblige. « Le gnome caoutchouteux » clôturera sa prestation par un double contact en direction de la touche, geste technique dont lui seul possède le secret. Génie quand tu nous tiens.

Nicolas : Ce fidèle compagnon du MFC a entamé une nouvelle saison dans le club avec lequel il a tout connu. Blessé au genou il y a maintenant deux années, « le boucher chevalin » magnyçois peine à retrouver son niveau d’antan. Motivation retrouvée cette année avec l’apparition d’une équipe 2 à son image : je-m’en-foutiste et bidonnante. Désireux de regarder le match de Monaco à la télé, il pointe tardivement le bout de son nez à ce nouveau rendez-vous dominical. Titulaire indiscutable, l’arrière gauche sera dans tous les coups : crochets astucieux, vitesse d’exécution parfaite, tacles incessants. Le retour du guerrier en somme. En fin de première mi-temps, il se permet même le luxe de se procurer une occasion de débloquer son compteur but. Seul face au gardien avec un coéquipier à sa droite : l’équation s’avère bien trop simple. Le « tacleur fou » préfère alors taper dans la terre et envoyer la balle à quelques mètres du montant droit. Un modèle de fair play.

A suivre …

Le naufrage

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