Dimanche 24 Novembre. Revanchards après deux défaites de rangs, le Magny FC 2 reçoit une équipe de Dampierre 2, au bilan aussi désopilant qu’humiliant. Actuel avant dernier du classement, les dampierrois affichent six défaites au compteur contre une seule victoire, acquise grâce au forfait de l’équipe adverse. Pis encore, ils encaissent en moyenne prés de 5 buts par rencontre. Idyllique après-midi en perspective.

14h15. Étrangement ponctuels, les magnyçois arrivent au stade et découvrent d’emblée la nouvelle recrue de l’équipe. Pas un dimanche sans que Christian ne sorte de sa botte secrète une surprise dont lui seul à le secret. La sensation du jour se nomme « Milan ». Promu nouvel adjoint de Christian, ce septuagénaire d’origine serbe est une véritable féerie sur patte. Chapka sur la tête, le bestiau affiche un sourire simplet, dissimulant ainsi son incommodité à communiquer dans la langue de Molière. En sus, l’ancien combattant dégage une odeur décapante qui témoigne d’un béguin manifeste pour l’alcool. Trainant vivement la patte, il battra un incroyable record de lenteur pour rallier les vestiaires depuis le banc de touche. Prodigieux.

14h30. Casquette estampillée « MFC » posée sur le crâne, Christian remplit la feuille de match et s’aperçoit rapidement que son équipe ne possède que onze larrons. De bonne foi, il accuse alors son capitaine de défaillance communicationnelle. Habile.

14h35. Branle-bas de combat téléphonique pour dépêcher des volontaires. Détonnant mélange de joueurs lambdas et d’habitués de la division 6, l’équipe se paye le luxe d’accueillir trois joueurs de la CDM. Priorité à l’expérience oblige, la charnière centrale est alors remaniée pour battre un nouveau record d’ancienneté, l’association « Papi » Krol – Alain avoisinant les 80 annuités. Affriolant.

14h40. L’équipe adverse quitte les vestiaires pour tâter le cuir. Dénués de motivation, les dampierrois paraissent perdus au beau milieu du grand carré vert. L’allure générale de la troupe prête à confusion et les observateurs remettent vite en cause l’aptitude footballistique de bon nombre de joueurs potelés ou binoclards. Alarmant. En fatalistes amusées et assumées, les deux dirigeantes de l’équipe prônent un discours semblable, se remémorant les cuisantes déconvenues d’un début de saison calamiteux.

15h00. Devant une dizaine de fidèles « supporters maison », Christian, dont la capacité arbitrale n’est plus à objecter, rassemble les deux capitaines pour le traditionnel « toss ». Le chef d’élite dampierrois est un spécimen sans pareil. Avoisinant les deux mètres, ce trentenaire grassouillet étrenne sa chevelure à la manière d’un mafioso des années 60. Concluant avec brio la falsification footballistique, il adresse une émouvante tirade au capitaine magnyçois : « Soyez indulgents avec nous, c’est déjà un miracle que l’on soit onze sur le terrain ». Romanesque.

15h10. Le début de match magnyçois est réconfortant. Dotée d’un foudroyant trident offensif Rouillon-Toumou-Cabor, le MFC multiplie les actions de haute volée, sans parvenir toutefois à trouver le chemin des filets. Pendant ce temps, Christian entame sa balade dominicale au centre du terrain. Profitant d’une place d’observateur de choix, il prend le pari d’expérimenter la technique de l’arbitrage fantomatique. Subtil.

15h30. Incapable de transpercer les filets adverses malgré une pléiade d’occasions, le public commence à croire à une duperie magnyçoise organisée. Les dampierrois sont quant à eux dépassés par les événements. Divertis par les vendanges des attaquants adverses, ils commencent à croire en l’exploit d’arriver à la pause sur le score de 0-0. L’héroïsme moderne sans doute.

15h45. Colérique envers l’incroyable maladresse de ces poulains, Christian siffle la mi-temps sur un score nul et vierge. Enchainant ratés invraisemblables et étourderies techniques, les attaquants magnyçois ont rendu l’exploit adverse accessible. Une véritable leçon de fair play. Au travail forcé toute la première mi-temps, le goal adverse profite de la pause pour s’aérer les poumons en allumant une cigarette. Dans les vestiaires, on proclame la fin des vendanges magnyçoises.

16h10. L’assaut ayant repris de plus belle, Adrien parvient à faire sauter le coffre fort dampierrois d’une vigoureuse frappe du droit. Soulagé par cette ouverture du score pourtant prévisible, l’arbitre de touche magnyçois décide de faire ses besoins urinaires sur le bord de la touche. Logique.

16h30. Le capitaine de Magny double la mise d’une frappe poussive du gauche. Il conclue vingt minutes d’humiliation footballistique, ponctués de petits ponts et de gestes techniques en tout genre.
Les visiteurs ne parviennent pas à franchir le milieu de terrain et la rencontre prend des allures de véritable « attaque-défense ». Cauchemardesque pour ces gaillards demandant sans cesse le nombre de minutes restantes avant la fin de la rencontre.

16h45. Fin du calvaire pour Dampierre et victoire finale du MFC sur le score de 3-0. Romain, le portier magnycois, réalise ainsi le premier « clean sheet » de sa jeune carrière, soit réussir à garder sa cache inviolée un match durant. Une vengeance personnelle pour cet enfant à la chevelure dorée, dont les perles de la semaine dernière avaient fait couler beaucoup d’encre.

16h55. Participant à la fête, Milan se charge de couper des tranches d’un quatre quart aussi périmé qu’étouffant. Orangina et Oasis venant compléter les victuailles, la « boum » post match peut alors commencer. Une récompense de choix pour nos héros, fiers de recoller au peloton de tête grâce à ce succès. Ambitieux, ils sont plus que jamais concernés par la course à la montée. « L’appétit vient en mangeant », disait Jean-Pierre Coffe.

 

Les hommes du match : « Balou » et Romain, le talent au service du collectif

« Balou » : du génie dans les gants
Surnommé affectueusement « Balou » par ses petits camarades, le gardien de Dampierre a été, sans conteste, l’une des attractions de la rencontre. Populaire aux quatre coins du 78 pour ses répétitives bévues, il a su rebondir en écœurant les attaquants adverses grâce à des parades rappelant la belle époque d’Alexander Vencel et Stéphane Cassard. Pourtant, c’est peu dire si le joyeux luron ne paye pas de mine. Bien en chair et blanc comme la neige, le portier dampierrois se distingue par un fessier rebondi évoquant la douceur des Antilles. Rieur en début de partie, il broiera petit à petit du noir devant la passivité déconcertante de ses défenseurs : « Je ne suis pas Superman, les gars ». Super héros il l’a pourtant été en multipliant les arrêts puis en pulvérisant le record de dégagements au six mètres en une rencontre (une trentaine sera comptabilisée après vérification vidéo). Chapeau bas l’artiste.

Romain Goubet : du génie dans les baskets
Apercevoir la « citerne écossaise » sur un terrain de foot, cela n’a pas de prix. Appelé de dernière minute par le capitaine/coach, « l’homme qui ne disait jamais non » a encore dit oui. Heureux comme un petit enfant, il arrivera au stade muni de sa légendaire tenue d’époque : sweet timberland, bas de survêtement Athéna, et sac à dos Quicksilver. En somme, tout pour parader à la prochaine Fashion Week. Habitué à la frénésie et l’ivresse du Kop, « Goubiwan » s’installe pour la première fois de sa vie sur un banc de touche. Reebok Classic au pied, le gamin affiche une dégaine singulière, a mille lieux des standards footballistiques. Chimérique. Pourtant, il provoquera la folie dés son premier toucher de balle, mystifiant son adversaire d’un improbable petit pont. La suite fut une succession de choix judicieux, de passes réussies et de gestes techniques d’un nouveau genre. Divin. Les oiseaux de mauvais augure lui reprocheront pourtant sa médiocre vélocité. Un pavé dans la mare tant « la machine à Whisky » a illuminé la rencontre. Un rêve devenu réalité.

Les « croqueurs » du dimanche : Rémy Bargés, Nicolas Rouillon, Thomas Le Tirant

Rémy : Au fond du trou la semaine dernière, on pensait « mimolette » capable de se relever rapidement de cet échec. Il a toutefois continué à creuser ardemment son trou ce dimanche. Titulaire sur l’aile droite, le désormais ex- « tombeur de ses dames » a vécu une première mi-temps compliqué, gâchant des occasions enfantines à la manière d’un Jimmy Briand des grands soirs. Pour la deuxième fois consécutive, il rendra copie blanche en fin de match, inquiétant du même coup ses plus grands fans. Et si la raison de cette impensable maladresse était ailleurs ? Des indiscrétions rapportent ainsi une probable « love story » lyonnaise ayant fait tourner la tête à un « bobor » impuissant. Dévotion quand tu nous tiens.

Thomas : Pour la première fois titulaire au poste d’avant centre, l’occasion était trop belle pour le « farfadet  volant» d’asseoir sa notoriété en inscrivant son premier but pour le MFC. Dés l’entame de match, il se retrouve par chance, nez à nez avec le gardien. Hanté par la panique, « Toumou » décide alors de rendre les armes s’affalant sur le sol après avoir décocher une frappe aussi piteuse qu’original. Rendez-vous providentiel auto-sabordé. Cependant, la progression de notre apprenti footballeur est manifeste. Plus téméraire dans ses prises de décisions techniques, il réussira un dribble devant un parterre de supporter ébahit par l’exploit du « nabot jaunâtre ». Preuve de sa condition physique retrouvée, il parviendra en outre à tenir 30 minutes sur le terrain. De quoi nourrir de sérieuses ambitions pour la suite du championnat.

Rouillon : Alimentant la polémique sur des rapports supposés délétères avec le coach de l’équipe première, « le chef » se retrouve en équipe réserve pour la seconde fois de la saison. Jusqu’au-boutiste, il ne rechigne guère à mettre son talent au service de l’équipe 2. Mais le meilleur buteur du club encore en activité sera aussi victime de la « malédiction du croqueur ». Auteur d’un nombre incalculable de tentatives, il ne parviendra jamais à franchir la muraille dampierroise, y compris lorsque le gardien désertera sa cage. Désolant. Pour autant, la vista du « lutin barbu » est toujours aussi déconcertante. Ridiculisant constamment ses adversaires, il proposera un spectacle à la hauteur des attentes placées en lui. Nul doute « Monsieur Diesel » n’est pas encore bon pour la retraite.

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