Dimanche 13 avril. Lancés dans la dernière ligne droite du championnat de division 6, le MFC 2 se retrouve dans le bon wagon avant d’aborder les quatre derniers matchs, où ils affronteront les quatre ténors de la compétition. Premier rendez-vous ce dimanche avec la réception d’Ablis, actuel 4e du classement à quelques encablures du MFC. Petite bourgade localisé en pleine Beauce au sud des Yvelines, Ablis à de quoi tenir la dragée haute à son rival du jour, footballistiquement parlant, mais aussi en matière d’univers champêtre et rustique. Un match entre cul-terreux donc, qui s’annonce prometteur et surtout décisif. En piste.

14h45. Postés sur le parking du stade Jacques Anquetil, devenu forteresse imprenable, les surhommes magnyçois trépignent d’impatience à l’idée de voir débarquer le bataillon ablisien. Pour sur, ils ne seront incontestablement pas désenchantés de l’arrivée des belligérants du jour. En véritable armada polyphonique, le bastion est un insolite méli-mélo de spécimens haut en couleurs où skinheads, « doudous » antillais, ressortissants nordistes, et mandataires de la « France d’en bas » cohabitent dans une impensable allégresse. Assurément la France qu’on aime.

15h00. Toujours à la pointe de l’organisation, Christian prend conscience qu’il manque deux maillots dans la panoplie du MFC. Fin débrouillard, il prouve une nouvelle fois sa capacité de riposte en dénichant les maillons manquants dans des jeux de maillots de la catégorie U15. Rusé. Inventive est aussi la préparation magnyçoise du match où transversales et gestes habiles sont présomptueusement tentés. Une démarche pertinente tant la capacité technique des compagnons du dimanche fait forte impression à chaque représentation footballistique.

15h15. Le portier d’Ablis sort du vestiaire en tenue de combat. Authentique supercherie footballistique sur patte, l’énergumène est sans doute l’un des plus beaux prototypes rencontré au cours de la saison. Arbitre central au match aller, ce quarantenaire antillais se retrouve aujourd’hui gardien du temps ablisien, malgré une charge pondérale dépassant aisément le quintal. Ajouté à cela une démarche paresseuse doublée d’un coriace accent créole vous obtenez un gros nounours tout droit venu des tropiques, plus enclin à siroter un Punch coco étendu sur une plage de sable fin qu’à fouler les pelouses d’un stade de football. Brillant.

15h30. De nouveau arbitre central pour le plus grand bonheur des trois supporters venus assister au coup d’envoi du match, Christian ne déroge pas à la règle du professionnalisme et de la paralysie psychique pré-match en cherchant un moyen de vérifier et comptabiliser le temps de la rencontre, absence de chronomètre oblige. Dans la panade, il sera sauvé par un dirigeant adverse ,d’avantage atterré par la tentative d’accoutrement chevaleresque de Christian ( le fameux triptyque gagnant chasuble rouge – chemise en jean bleu – bas de survêtement noir) que par la demande de prêt du dit appareil. Grand prince.

15h50. Entrés « tambour battant » dans la rencontre, le MFC obtient peu à peu le contrôle du match. Une domination qui se veut pourtant stérile tant les abondantes frappes à longues distances terminent constamment leur trajectoire hors du cadre. Un brin monotone, cette entame de rencontre se vivifie peu à peu avec l’arrivée de renforts de choix chez les supporters. Outre l’apparition remarquée du frère de Rémy, beuglant passionnément ses commentaires dans un mégaphone, le bord du terrain voit l’arrivée d’un nouveau génie intellectuel sans cesse affairé à chercher les noises avec l’ensemble des adversaires. La chaleur humaine magnyçoise sans doute.

16h05. Occupés à vilipender Christian à chaque coup de sifflets en leur défaveur, les déménageurs formant l’attaque d’Ablis se distinguent enfin ballon au pied. Remportant avec robustesse un énième duel physique lancé par Cédric, l’un d’eux profite de l’apathie et de l’infirmité ophtalmologique de l’arbitre assistant pour continuer son action et déclencher un missile du pied droit venant se loger sur la barre transversale. En opportuniste, son compère suivra aisément l’affaire pour une ouverte du score rappelant du même coup le flair et la fourberie de l’éternel Pippo Inzaghi. Séquence émotion.

16h10. Résolus à reprendre le dessus, les magnyçois décident d’emballer le match en se ruant à l’assaut du but adverse. Fer de lance de la révolte, Matthieu place une « majestueuse feuille morte » (dixit le principal intéressé avec une embarrassante humilité) dans le dos des défenseurs pour trouver Rémy, qui prouve une nouvelle fois son sens aiguisé du but en reprenant victorieusement de volée le ballon. Un but à la Florian Maurice qui redonne subitement espoir à ses coéquipiers, totalement transcendés par l’égalisation du « serial buteur » maison.

16h15. La rébellion se poursuit et atteint son paroxysme quand Christopher décide de placer une accélération dévastatrice, dont lui seul détient le secret. Mystifiant son vis à vis, il sert sur un plateau son compère Gwen, idéalement placé en retrait pour convertir l’offrande, synonyme d’impensable retournement de situation pour le MFC en l’espace de cinq minutes. Vivement agacés par ce sursaut d’orgueil, les joueurs ablisiens trouveront vite un meilleur motif d’exaspération grâce au légendaire fair-play de Christian, qui sifflera la mi-temps alors qu’un attaquant adverse était lancé seul face au but. Un ixième hymne à la loyauté.

16h30. D’entrée de seconde mi-temps, les magnyçois tentent d’assener le coup de grâce aux ennemis du jour, dont le taux de rage commence sérieusement à augmenter. Profitant des errances adverses, le MFC se procure alors un nombre insolent d’occasion en moins de dix minutes, qui n’auront malheureusement pas l’effet escomptées. A l’honneur, un double raté d’une bluffante symétrie de la part des attaquants locaux, pourtant situés à quelques encablures du but après une passe en retrait. L’arme absolue du football n’est plus.

16h45. Le jeu proposé par les vingt deux acteurs devient une authentique purge footballistique, La nervosité et la folie gagnent notamment les ablisiens, frustrés de ne pas concrétiser le peu d’occasion qu’ils se sont procurées, et exaspérés par l’arbitre/spectateur Christian, constamment campé à trente mètres des actions de jeu. Le capitaine atteint alors le point de non retour et perd tout sens commun en tentant d’asséner à deux reprises une balayette sur le pauvre Gwen, qui fit l’erreur d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Un coup sang haineux aussi inexplicable que spirituel.

17h00. Difficile d’entrevoir la lumière dans ce second acte footballistiquement cauchemardesque. Les ablisiens continuent leur show en invectivant sans cesse Christian avec des noms d’oiseaux peu chrétien. Ce dernier finira par craquer en expulsant l’attaquant adverse coupable d’avoir poétiquement comparé sa génitrice à une fille de joie. Magie de la division 6, il sera remplacé sur la pelouse par son capitaine, tout juste exclu. Une réduction de peine à effet immédiat d’une implacable rationalité.

17h10. Toujours désireux de faire « Plus haut, plus fort, plus loin », Christian sort de sa botte secrète son désormais célèbre happening dominical. Un coup de sifflet parfaitement négocié pour un hors jeu imaginaire d’un attaquant ablisien seul face au but, alors même que son propre arbitre assistant n’avait pas levé le drapeau. Sidéré par l’audace et l’improbité de l’homme en noir, un des « cranes rasés » de l’équipe sortira alors de ses gongs, à deux doigts d’envoyer un peu plus tôt que prévu notre Christian national sur les chemins du repos éternel.

17h15. Sain et sauf et jurant comme chaque week-end de ne plus jamais arbitrer un match, Christian met fin à la représentation et au calvaire des supporters sur le score de 2-1 pour les locaux. A l’image de la semaine passée, le MFC 2 a sorti les tripes pour remporter une précieuse victoire dans l’optique de la montée en division 5. Un état d’esprit irréprochable et une admirable soif de vaincre pour une équipe métamorphosée en cette fin de championnat : Oui, le rêve est plus que jamais en marche.

 

Objectivement, il serait de bon ton de considérer que l’équipe à aujourd’hui agit à l’unisson, chacun ayant fait sa part du boulot plutôt sans accroc … Place néanmoins à l’arbitraire, une fois n’est pas coutume, avec les Tops et les Flops magnyçois de cette rencontre.

Les Tops
Cédric, Gwen, Rémy

Cédric : Rien de tel qu’un match sous haute tension comme celui ci pour ravir au plus haut point notre charmant tamponneur du dimanche. Sourire de gendre idéal aux lèvres, il exécutera ainsi parfaitement son plan d’attaque consistant à rendre fou son adversaire direct, fatalement grâce à ses légendaires tacles assassins mais plus surprenant aussi grâce à des phrases lyriques comme « Va jouer à la Barbie, ici c’est pour les hommes ». Dans tous les bons coups, « Le Lorax » sera aussi l’auteur d’une étonnante mais mémorable « charge », tel un buffle, traversant le terrain dans sa diagonale pour tenter un pressing pourtant voué d’avance à l’échec. En résumé : difficile de contenir la bête quand elle est lâchée dans l’arène.

Gwen : Englué dans une lente traversée du désert depuis quelques mois, le petit trublion magnyçois a réalisé un orgueilleux come-back et démontrer ainsi tout le potentiel enfoui en lui. En jambes dés le début de la rencontre, il se jettera comme un mort de faim sur tous les ballons prouvant une nouvelle fois que sa capacité pulmonaire est loin des standards de l’équipe 2. Vif et endurant, il ne manquait plus que l’adresse devant le but pour toucher la perfection. Chose faite aujourd’hui grâce à un joli pointu des familles, qui prouve que le bellâtre au corps de braise s’est aussi faire dans la finesse. Sans conteste l’atout charme de ce match

Rémy : Toujours dans la collection élégance, le maestrio a une nouvelle fois montré qu’il résidait bien sur une autre planète. Piqué au vif par son entraineur qui avait osé le placer sur le banc des remplaçants, le talisman du MFC ne s’est pas fait prier pour prouver sa force de caractère dès son entrée en jeu. Auteur d’un but plein de malice et d’inventivité, le magicien du football affirme encore qu’il a plus d’un tour sans son sac pour éblouir la plèbe venu apercevoir ce petit joyau. Ému et fier, son frère et fan inconditionnel profitera du match pour annoncer la création du « Fan Club Rémy Bargès », qui agira comme lobby fort en vue de la sélection en équipe première du surdoué. Une fantasque fratrie, toujours copié mais jamais égalé, naviguant entre pauvreté d’esprit et inconscience.

Les Flops
Mathieu Krol, Stéphane, Laurent

Mathieu : Tout porte à croire que l’historique vieillard du MFC n’avait pas terminé sa sieste avant de débuter cette rencontre. Les observateurs les plus perspicaces auront justement noté que « Papi Krol » n’avait pas ingurgité d’alcool depuis prés de 18h. Tout s’explique. Non inhibé, le talent et la sagesse du monstrueux barbu laisse place à l’inconscience et à la maladresse. Incalculables ont été le nombre de balles perdus après des tentatives de crochets ou de relances propres, donnant du même coup des franches actions à ses adversaires. Néanmoins, on ne notera pas d’incidences majeur , preuve que l’honneur du grand père est encore sauf. Moralité : la vérité du Whisky a encore triomphé.

Stéphane : Certainement victime de la même malédiction que Fernando Torres, l’ami Stephou ne parvient toujours pas à régler la mire. Conjurant le sort en début de match, il prouve néanmoins sa foi en lui même certifiant comme la semaine dernière qu’il réalisera un triplé. Se donnant les moyens de ses ambitions, la barrique magnyçoise multipliera les efforts se procurant même une occasion en or en début de seconde période. La malchance conjuguée à la maladresse feront qu’il loupera étrangement la balle, singeant alors brillamment les frappes dans le vent de Christophe Dugarry. Mimétisme jusque-boutiste oblige, il est certain que le gaillard reviendra plus fort et prouvera son potentiel tôt ou tard. Rendez-vous la semaine prochaine pour un triplé attendu.

Laurent : Pour son premier rendez-vous avec la division 6, « DJ Beber » n’a pas été déçu du voyage. Annoncé comme l’homme fort de cette rencontre, l’étalon africain a vite pris conscience du monde amateur de district en se faisant physiquement secouer à chacune de ses prises de balles. Plus à l’aise derrière ses platines, le roi de la Funk n’était décidément pas dans son assiette ce dimanche, témoin en est les six pigeons tués après des tentatives de tirs à longue distance. Une prestation en demi-teinte qui ne remettra cependant pas en cause sa réputation de joueur à l’élégance rare. Nul doute que le prochain essai sera plus concluant. A charge de revanche.

Sous haute tension

Post navigation


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *