Jour 22 : Mercredi 24 janvier
«Hauts en couleurs»

« Allez Bye bye, on prend nos clics nos clacs et on se taille » laissant Cyril « seul au fond de son lit » comme disait un Garou bien plus fleur bleue que le « punchlineur » Ménélik.

La mise en place du mini-séjour se fait à la frontière Bolivienne où le bétail touristique est séparé en plusieurs groupes de 4 ou 5, possédant chacun son chauffeur attitré et une composition d’équipe qui restera inchangée jusqu’au bout.

Notre bande s’articule autour du guide « Eddy », auquel se rajoute Marlène, étudiante allemande en médecine, et Daniela, argentine et professeur de géographie à Buenos Aires. Une affaire qui cocotte la chouille et l’hilarité à pleine truffe, nos comparses ayant laissé la chaleur humaine à la maison et les communications en langue étrangère au niveau lycéen. L’important est de toute façon ailleurs, les paysages traversés mettant tout le monde sur la même longueur d’onde d’euphorie, plus ou moins extériorisée.

En matinée, on met d’abord les voiles sur les montagnes de Salvador Dalí, rappelant de manière divine ses toiles colorées, puis vers des thermes naturels dans lesquels on se baque au pied d’un volcan, avant de contempler avec incompréhension et émerveillement à plus de 5000m d’altitude, des geysers et roches en fusion, gargouillant comme une panse après l’absorption de piments oiseaux.

Mais le bouquet final des splendeurs a lieu l’après-midi avec la découverte de la bien nommée « Laguna Colorada », offrant un panorama splendide doté d’une béante gamme de couleur. Neiges éternelles et montagnes rouge/ocre en arrière plan se reflètent ici dans une lagune mi rose, mi bleu, mi verte, recouverte d’une armada de flamants rose et autour de laquelle quelques lamas dociles se prélassent au soleil. Paisibles et bienheureux. On se croirait presque dans le remake sud-américain du film « Les enfants du Marais », les bons sentiments et les niaiseries à la « Jean Becker » en moins.

Des étoiles plein la vue, on découvre par la suite notre logis du soir, situé dans une bourgade dépeuplée et abandonnée en pleine nature, où la pauvreté et les contrastes avec nous autre touristes sont malheureusement aussi palpables qu’incommodants.

Grosse ambiance oblige, tout le monde se pieute dans les dortoirs vers 22h00 laissant le champ libre à une partie de Yam’s endiablée entre Violette et moi, terminée à la frontale et frisant l’aliénation maladive aux jeux.

Jour 23 : Jeudi 25 janvier
« Une seule vie »

On part « sur la route toute la sainte journée » ne voyant clairement pas « le doute en nous s’immiscer ». Ayant gagnés notre place « au paradis », on vagabonde sur les routes boliviennes découvrant encore et toujours des paysages à couper le souffle, mais somme toute similaire aux décors et à la faune de la veille. L’exigence à la française et le «morceau de glace à la place du cœur » sans doute.

La promenade journalière est ternie par une météo capricieuse qui « même en été, ne nous a pas lâché », accélérant le programme pour finalement « trouver le remède » : aller tout de go à notre hôtel situé « au bord de l’eau » et aux portes du Salar d’Uyuni.

Un motel cossu, bâti tout en sel, avec douches chaudes et habitations doubles. Salvateur pour les donzelles de notre groupe, loin d’être des « filles hors normes, super belle et toujours en forme ».

Au dîner, notre guide « Eddy », nous regardant « bien en face » nous annonce qu’il va falloir « serrer les dents » et se lever à 4h demain pour assister au lever du jour sur le Salar. Une déclaration provoquant les soupirs désabusés de Joelle, franco chilienne membre de la troupe voisine, partisane des selfies incessants, friande à souhait de sa propre personne et d’un rabat-joie frôlant la constipation . « On a beau dormir dans des palaces toujours en première classe, elle s’ennuie, c’est ainsi » nous confiera sa meilleure amie.

Un moment délectable pour Violette et moi, toujours heureux et comme des coq en pattes, conscients qu’il faut profiter au maximum du moment présent. Après tout « on a qu’une seule vie ».

Jour 24 : Vendredi 26 janvier
« Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille »

« Aller en Bolivie sans voir le Salar d’Uyuni » a été classé numéro un des actes incompréhensibles, à égalité avec les galéjades de Laurent Ruquier. C’est peu dire alors si cet immense désert de sel est la sensation phare de cette excursion démarrée à San Pedro De Atacama il y a déjà deux jours.

Surexcités malgré un réveil très matinal, nous sommes vites rabroués par Eddy, qui nous embarque dans une aventure exaltante mais un brin inquiétante, en roulant « à tâtons » dans la nuit noire et obscure sur le Salar recouvert pour l’occasion d’une épaisse couche d’eau. « Vous m’avez dit Témérité ? Ah là, c’est non ».

Notre guide stoppe enfin la voiture trente minutes plus tard, au pied d’une île tapissée de cactus et devant laquelle nous assistons à un levé de soleil paradisiaque sur fond d’une étendue titanesque de sel. « Oh quel pied Jean-Mimi, quel pied ! » nous aurait assurément dit Thierry Rolland.

On reprend la route sous un ciel divin, pour s’arrêter plus loin en plein cœur du Salar, avec une étendue blanche à perte de vue et à 360 degrés donnant lieu à deux heures de photos et vidéos concepts en tout genre. Puis plus tard, des reflets chimériques majestueux comme si les nuages, le ciel et le désert se confondaient et ne faisaient qu’un, nous certifient définitivement que l’on avait jamais vu quelque chose d’aussi beau auparavant. En bref, « Ce rêve blanc, je n’y crois pas c’est merveilleux ».

Après cette énorme claque, on fait un tour au marché d’Uyuni faire des emplettes pour trois francs six sous, avant de visiter un cimetière de train nettement moins sexy que le Salar. Mais « la vérité est ailleurs » comme le disait justement « Fox Mulder », et on se demande encore si ce qu’on a vu aujourd’hui était bel et bien réel en reprenant la route direction la frontière bolivo-chilienne.

Trois heures de pistes cabossées, des chaleureux contrôles militaires et une nuit dans un village rappelant le film « Sheitan » nous ramèneront vite dans le vif du sujet, vers des vérités plus tangibles.

Jour 25 : Samedi 27 janvier
« Retour en terre connu »

Qui n’a jamais connu un douanier bolivien au petit matin n’a jamais connu ce qu’est l’authentique convivialité. Ajoutez à cela un goût prononcé pour l’administratif et la vigilance extrême, on est loin d’une folie douce sur ce poste de frontière, franchit qui plus est à 7h du matin. De là à rêver du « douanier Rousseau » dans ces moments là..

La matinée est d’ailleurs rythmée par la valse des contrôles en tout genre jusqu’au dernier situé au Chili, à San Pedro de Atacama, six heures après le début du récital.

De retour « à la maison » aux alentours de 13h, on retourne dans « notre auberge » où l’on retrouve notre partenaire Cyril pour le lancement de « la session commérages » sur les trois derniers jours.

Sentant légèrement une pointe de solitude liée aux retrouvailles du couple, au demeurant légitime, j’invente alors la notion de « Parking », mot que je prononcerais à chaque moment « chandelles » ou d’embarras, stationnant alors « tranquilou » au Parking en attendant sagement l’accalmie et le feu vert pour redémarrer.

Vers 18h, on tente un coup de poker en se rendant au « Beer and Weed », festival local de la ville accueillant des artistes et des brasseurs locaux, concept peu rebutant de but en blanc.

On se pose au beau milieu de la foule, amusés d’être les seuls étrangers dans une enceinte accueillant essentiellement des chiliens survoltés et biturés à coup de cervoises conceptuelles et aussi quelconque qu’un ressortissant suisse. Difficile malgré toute notre bonne volonté de s’acclimater à l’ambiance, irrémédiablement anéantie par le Etienne Daho local aux alentours de 22h30. N’en jetez plus : l’acception de l’échec est entérinée.

« Vivir, 50 jours de cavale mentale » : Episode 5

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